Ukraine : qui sème le vent …

Alors que l’Ukraine commence un processus de dislocation après une déstabilisation de type fasciste et où tous les acteurs naviguent à vue, l’article que voici propose une grille de lecture de ce qui se passe en Ukraine. Il espère donner à l’honorable lecteur des éléments pertinents de compréhension de la douloureuse et triste pièce qui se joue sous nos yeux. Il y a une géographie, une histoire et de des faits et des enjeux dont les trois sont assez clairs.

Il y a une géographie et une histoire, des faits et des enjeux dont les trois sont assez clairs.

1 : Une histoire et une géographie.

L’auteur de ces lignes est allé physiquement en Ukraine dans plusieurs régions. Inspiré par l’idée de Descartes « de recevoir jamais aucune chose pour vraie, que je ne la connaisse évidemment être telle. », il a bien été obligé d’aller sur place. Les mots sont précis car la bouille intellectuelle qui sévit en occident soviétique est en train d’atteindre des sommets. Voici notre vision.

A : Une histoire

Toutes les Russies pour reprendre la vieille expression impériale sont le résultat d’une colonisation du sud au nord réalisée par un seul et même peuple slave : les Antes qui, parti des bouches du Danube a colonisé à partir du VIIème siècle le monde des forêts et des steppes en remontant le Dniestr, le Bug et le Dniepr (peuplement de la Galicie, Volynie, Transcapathie, création de Kiev (IXème siècle) puis remontant encore le fleuve vers sa source arrivée dans les terres de la grande Russie (Création de Novgorod) jusqu’au golfe de Finlande. Un peu après leur contact avec les peuples finlandais, arrivent les normands (danois) qui font le chemin exactement inverse du nord au sud pour tenir ouverte la route commerciale de l’ambre entre Byzance et la Baltique. Kiev a mi-chemin est la ville principale de cette ensemble russ, russine, russki, ruthenius en latin. Kiev est le berceau de la Russie avec Novgorod, Moscou et bien entendu Saint-Saint-Pétersbourg n’ayant été fondés que plus tard. La nation russe s’est très bien accommodée de plusieurs états ce que la conception jacobine française conçoit difficilement. Il y a la Russie de Kiev, de Moscou, de Minsk, des échanges libres, une langue commune, des modes de vie voisins comme l’Italie n’a pas eu pendant des siècles le besoin d’unité politique pour avoir une conscience claire de son identité. Comme l’italien de Florence s’est imposé, le russe de Moscou a prévalu.

Quant au mot « Ukraine », il signifie en slave : marche, terre de frontière, banlieue, extrémité. Il est popularisé par les cosaques à partir de XVIème siècle pour parler des russ-russines-ruthènes vivant en territoire polonais. Le peuple ukrainien est la partie du peuple russe orthodoxe qui a subi le servage très dur des maîtres polonais catholiques (les occidentaux pour parler anachroniquement). C’est une guerre froide de religion qui se joue dans cette région entre les deux conceptions du Christianisme. Le peuple russe sous domination polonaise en fait les frais. A partir de Sigismond II roi de Pologne, un servage implacable tombe sur les populations paysannes orthodoxes (des quasi esc-slaves) dont une partie fuit alors vers « l’Ukraine », la marche, où on respire un peu la liberté au prix du risque des incursions tatares. Mais ils sont rattrapés par les seigneurs qui n’entendent pas lâcher leur proie. Alors comme certains canadiens de la Nouvelle France étouffant sous le régime seigneurial et prenant le risque d’aller chez les amérindiens, certains prennent le risque de franchir la frontière au delà de laquelle il ne sert à rien de construire ce qui sera nécessairement détruit et retournent au nomadisme cosaque-chrétien-orthodoxe principalement sur la rive gauche du Dniepr qui forme une vraie ligne de défense contre les Tatars. Cosaques du Don, cosaques za-porogues (de l’autre-côté des rapides Zaporoje), Tcherkesses (Tcherkassy).
A partir de 1596 la situation des russes colonisés par l’aristocratie polonaise (pan) s’aggrave avec l’acte d’union religieuse qui crée une église catholique uniate de rite orthodoxe soumise au pape. Le but est de convertir progressivement et par étapes ces russes orthodoxes au catholicisme. Le petit peuple se cabre, s’ accroche a sa foi, est persécuté, privé de sépultures, les femmes ont les seins coupés, les enfants sont noyés. Les guerres de religion qui ravagent l’Europe touchent de plein fouet les russes sous domination polonaise. Nouvelle fuite vers la frontière, l’ »Ukraine ». L’intolérance religieuse est le virus du XVIIème siècle.

On se permet d’insister car comme le Libéria ne se conçoit pas sans esclavage aux Etats-Unis, l’Ukraine est la création du servage très dur dans les possessions polonaises en territoire Russe orthodoxe.

Qui sème le vent (n°1)

Devant ces atrocités polonaises, le peuple se révolte plusieurs fois avec l’aide des cosaques (les gardiens armés de la frontière mais aussi de la foi). 1628, 1637, 1638, 1639 et surtout 1648 : défaite de l’armée polonaise par les zaporogues et soulèvement général des paysans. Les seigneurs (pans) polonais sont massacrés (blow-back comme on dit aujourd’hui). Khmelnitsky n°1 premier héros « ukrainien » (il y en aura un second moins glorieux) ! Libération du joug polonais de la quasi-totalité des territoires russes orthodoxes, première prise de conscience nationale ukrainienne contre la Pologne et certainement pas contre la Russie de Moscou. Contre la Pologne et un servage inhumain. Le petit peuple qui est pendu aux arbres dans la France de Louis XIV (bonnet rouges et autres) et qui ne rentrera dans l’histoire qu’en 1791, a en Ukraine les cosaques et Moscou pour le défendre. Moscou encore faible entre la Pologne, la Suède et l’empire Ottoman tous trois plus puissants hésite puis accepte finalement cet héritage « de toutes les Russies », est reconnu comme Tsar par la population ukrainienne qui ne demande que ça et donne la quasi-totale autonomie aux chefs cosaques. Le prix à payer est la guerre avec la Pologne et avec l’Empire Ottoman. En échange, les cosaques seront la pierre angulaire, le fer de lance de l’expansion coloniale russe. Sauf pendant la période bolchevique, les cosaques ne feront jamais défaut à la Russie quand l’étranger l’envahit. En 1941, c’est l’Ukraine occidentale pour des raisons que nous verrons plus loin qui accueille Hitler avec des fleurs. L’Ukraine de la rive gauche du Dniepr non.

On a décrit les partages de la Pologne du XVIIIème siècle comme le faible agneau dévoré par les loups. Pas du côté russe en tout cas : en 1768 les troupes russes sont obligées de se tourner contre les petits nobles et les paysans ukrainiens tant ils sont déchaînés contre le pouvoir aristocratique polonais haï. Les atrocités de chaque côté indescriptibles. Il s’agit de solder 4 siècles de haines. Face à l’armée russe, l’armée polonaise ne peut rien faire : chaque ukrainien est un indicateur de l’armée russe : les cousins russes sont très clairement perçus comme les libérateurs. En 1795 tous les russes sont unis sauf la Galicie autrichienne et les rusyn de transcarpatie. Au XIXème, très bonne cohabitation avec les cousins russes avec développement des lettres et des arts ukrainiens (Gogol, Sevtchenko). 1863, date clef la gaffe Valouïev : le ministre de l’intérieur tsariste inquiet par l’insurrection polonaise fait interdire les publications en ukrainien au motif qu’il s’agit(rait) d’un dialecte et non d’une langue. C’est naturellement faux : l’ukrainien est une langue divisée en trois dialectes. Grave erreur politique qui radicalise le mouvement populaire ukrainien dans un tour russophobe qu’il n’avait jamais eu. Le gouvernement autrichien comprend le parti qu’il peut tirer de la situation : le peuple « ruthène » (les autrichiens ne veulent pas dire russe et ne choisiront « ukrainien’ qu’en 1910) devient le foyer de résistance nationale ukrainienne à l’ennemi russe. Belle prise de judo politique dont on retrouve encore aujourd’hui la trace dans les résultats électoraux de 2010 de Svoboda en Ukraine occidentale.. L’ukrainien de L’viv et de Galicie qui est le plus corrompu de mots polonais et allemands devient la référence du nationalisme ukrainien, le piémont à vocation émancipatrice. Les ukrainiens du centre et du nord ont même des difficultés à le comprendre. Il leur faut des traducteurs … russes. De 1795 à 1917 les deux parties ont eu deux évolutions séparées. Cette séparation est encore nette aujourd’hui et explique bien des choses. Dans la partie est : l’Ukraine. A l’Ouest l’Ukraine aussi mais qui a tourné au vinaigre et sur laquelle le nazisme a déteint.

Lire 2010 au lieu de 2012 sur la carte. La partie droite de la carte 1 est la partie gauche de la carte 2 (Résultats électoraux 2010 de Svoboda en Ukraine)

C’est cette partie sud-ouest de la Russie, polonisée et latinisée, qui forme le foyer de l’Ukraine insurrectionnelle russophobe actuelle. La déstabilisation actuelle de l’Ukraine est la continuation du projet occidental millénaire de subversion du monde orthodoxe russe. Que ce soit pendant la période du servage, pendant la période autrichienne (privilèges accordés aux polonais), pendant la Pologne de 1921 à 1939, l’arrivée des polonais a toujours signifié pour l’Ukraine le malheur. Donc acte.

Bandera, années 30. Il est difficile d’aller à L’viv sans entendre les noms de Sevtchenko (écrivain) et de Bandera. Nouvelle instrumentalisation du sentiment national ukrainien, cette fois avec l’argent nazi contre la Pologne. Face au persécutions polonaises, révolte, « pacification », le patriotisme se radicalise, devient nationalisme pour lequel la fin justifie les moyens. Bandera devient chef de l’Organisation des Nationalistes Ukrainiens (toujours la Galicie et L’viv) et adopte une politique de lutte violente de type ETA corse (assassinats d’officiels dont le ministre de l’intérieur). Puis il joue ouvertement la carte d’Hitler et essaie en 1941 de faire un état ukrainien (les fleurs aux troupes allemandes) ce dont Hitler ne veut en aucun cas : direction le camp de Sachenhausen pour ne pas avoir compris avec qui il pactisait.De prison, il soutient l’armée insurrectionnelle ukrainienne qui se bat à la fois contre les polonais (il n’y en a plus beaucoup), les allemands (des divisions entières) puis les soviétiques (le NKVD) avec d’excellents résultats militaires et administratifs. Les relations avec les nazis ont « déteint » sur ce mouvement : l’efficacité indéniable a été obtenue par la nazification des méthodes. On en retrouve des traces dans les rues de Kiev chez « Svoboda » et « Pravy sektor ». On est toujours dans la partie la plus occidentale de l’Ukraine. Viktor Iouchenko fait de lui un « héros posthume de l’Ukraine ». Yanukovich annule le décret devant les protestations internationales juives. Tout ceci ne va pas dans le sens de la paix civile entre tous les ukrainiens.

Conclusion de la partie historique : l’Ukraine, le pays de la frontière se voit imposer après 1991 un nationalisme radical qui a fermenté dans 10 à 15 % de son territoire (l’ancienne Galicie autrichienne) tente d’imposer à 80 % de la population une histoire violemment anti-russe qui n’est pas la sienne. Cette attitude de Prusse ou de Piémont libérateurs, éducateurs et émancipateur se heurte à des populations modérées ou carrément hostiles dans le reste de l’Ukraine. Appuyés par l’étranger, un passage en force a été tenté, la fin justifiant les moyens.

La partition ou un fédéralisme poussé et la dénazification des provinces occidentales de Galicie (L’viv, Lutsk, Ivano-Frankivsk) serait de nature a faire baisser la température de cette marmite en ébullition.

2 / Une géographie :

1. – Il y a 4 Ukraines. Nous les avons traversées toutes les quatre.

  • La transcarpathie : Il y a premièrement un petit bout de plaine de Pannonie et les contreforts occidentaux des Carpates. Cette partie a fait partie de la Hongrie de 1359 à 1918 et de 1939 à 1945. De 1919 à 1939 à la Tchécoslovaquie et de 1945 à 1991 à l’Union soviétique. Les villes principales sont Uzsgorod, Mukatchevo. Il est peuplé de carpatho-Rusyns, de hongrois, de roms, d’ukrainiens : le style de vie hongrois donne le ton : vigne, arbres fruitiers dans les villes, tonnelles, étés écrasants de chaleur. Dans les montagnes, une économie forestière. L’Ukraine de rite uniate est de l’autre côté de la chaîne de montagnes qui culmine à 2000 m. Il faut une nuit de train pour y arriver à 40 km/h. Cette région a voté pour le parti des régions et pas pour les nationalistes russophobes.
  • – L’Ukraine boisée. Il y a deuxièmement le glacis oriental des Carpates durablement occupé par la Lituanie puis la Pologne. On y parle un dialecte ukrainien parsemé de mots polonais, Pays de campagnes pauvres et de forêts. Pas d’électricité bien souvent dans les campagnes. Des carrioles tirées par des chevaux (au XXI siècle !). Des hivers longs et rudes, de la pluie en inter-saison, beaucoup de pluie. Une religiosité palpable et touchante. C’est une révolution économique qu’il faudrait au lieu de révolution politique. Cette région aurait besoin de 50 ans d’investissements à 0% dans les infrastructures de base pour espérer atteindre au moins le niveau de d’un département rural pauvre en France. Ensuite pourraient éventuellement se greffer sur ces infrastructures les initiatives individuelles. Ce peuple est dynamique, travailleur, moral mais part de rien ou presque. A part des champignons préparés et congelées pour pizzeria fast-food, ou des abris de jardin en kit à monter soi-même, on ne voit pas trop comment ces campagnes pourraient s’intégrer à leur profit dans dans l’UE standardisée du code barre. Ils importeraient peut-être des produits moins cher de l’UE, mais en échange de quoi ?
  • – La steppe. Il y a troisièmement au sud les régions caractérisées par la disparition de la forêt. Steppe puis agriculture intensive, peuplement relativement récent, richesses minières, industries lourdes et diversifiées. Ici on est dans les étendues parcourues jadis par les cosaques, les zaporogues, quelques tcherkesses. L’alliance des russes et des cosaques a fait la Russie moderne. Ce sont les paysages immenses et colorés décrits si merveilleusement par Gogol dans « la Steppe ». Le développement du Donbass et de la vallée du Dniepr commencé sous les Tsars puis est poursuivi par Staline, avec la main d’oeuvre russophone mais multiethnique de tout l’Empire. Là on sent une économie nettement plus consistante où de grosses limousines aux vitres fumée nous rappelle qu’ici, celui qui n’a pas ses bodygards à 50 ans a raté sa vie.
  • – La Crimée et la côte de la mer noire. La péninsule de Crimée. ottomane, tatare, musulmane avec quelques comptoirs génois (Jaffa – Theodossia). L’irrésistible poussée russe au XVIII et XIX, les trois guerres russo-ottomanes on fait de la côte nord de la mer noire une partie russe. Les tatars ont été déportés en masse du côté de la Caspienne pour collaboration avec l’envahisseur nazi. Il reviennent timidement dans leur terre historique. Ils restent discrets. L’élément russe est partout et se sent ici chez lui sans complexe. Rien d’ukrainien là à part une signature de Khrouchtchev donnant la Crimée à l’Ukraine, décision ne mangeant pas de pain à cette époque.

Ces quatre Ukraines ont tenté de faire un seul état en 1991 sans y avoir été vraiment préparé. Ce qui a mis des siècles à se faire en France a été tenté en 20 ans de façon assez brouillonne. Faire cohabiter la Galicie et la Crimée dans un seul état unitaire est un exercice qui demande du doigté, de la prudence et l’art du compromis. Très objectivement l’équation ukrainienne n’est pas facile.

  • La première politique a été de tenter d’ukrainiser l’Ukraine et de la séparer de la Russie. Toucher à la langue maternelle des peuples est très risqué. Le gouvernement Yanukovitch a sagement reculé en créant un état bilingue au moins dans les régions qui le souhaitaient. A Kiev on apprend l’ukrainien à l’école mais on parle russe dans la rue.
  • Une des lois de la géographie est que les pays changent rarement de place. Après 1991, les pays baltes, du fait de leur faible population ont pu en effet « changer de place » en réorientant l’ensemble de leur économie vers l’Ouest. Économiquement on est dans la traumatologie lourde post-amputation. L’UE peut mettre ces pays sous perfusion parce qu’ils sont peu peuplés. L’Ukraine est une autre affaire et son économie est ce qu’elle est avec ses entreprises qui ont leurs carnets de commande avec des partenaires et qui font vivre la population par les salaires. Non seulement les liens économiques entre l’Ukraine et la Russie sont considérable mais ils augmentent chaque année. En Ukraine on est proche du niveau de vie plancher (merci au FMI). Tomber plus bas en désorganisant les liens existants se serait du génocide économique.

Échaudé par le sort fait aux russes des pays baltes auxquels on a dénié la simple citoyenneté (des apatrides dans leur pays natal), la politique russe a évolué clairement vers la défense des populations russes hors de ses frontières mais sans volonté d’annexion. L’autre solution qui prévaudra peut-être un jour serait de les rapatrier. Ce que demande la Russie dans l’ex espace soviétique où résident des russes est une attitude neutre (ni l’un ni l’autre étymologiquement), en échange d’une attitude amicale sur le plan économique. On a vu pire.

Le FMI, lui affame. Le résultat final de son passage presque partout où il passe « the end of the game » est inévitablement que la population travaille tout le temps et n’en voit jamais la couleur : la richesse crée sort du pays et se planque dans des comptes off-shore. Le FMI est un « indirect rule » anglosaxon.  

C’est cette Ukraine mal intégrée que l’Occident a décidé de façon brutale et schizophrénique de déstabiliser.

2 : Des faits

A : Qui sème le vent (2) : la Pologne ou la géopolitique du ressentiment

Le malheur de la Pologne est d’avoir été un pays d’un million de km² et de ne s’en être jamais remis. D’où une alliance avec la grande puissance du moment pour pouvoir récupérer ses km² perdus. Tout ceci se terminant toujours mal par une invasion selon l’adage « qui veut tout perd tout ». Ce pays est dangereux pour la paix parce qu’il essaie d’entraîner l’Europe de l’Ouest dans des affaires qui ne la concerne pas. Pour la Pologne aussi, l’UE est la continuation de la Pologne par d’autres moyens en échange de sa vassalité envers les USA. On n’aura pas de mots assez virulents contre cette remise en cause permanente de la ligne Curzon, seule frontière définitive, intangible à jamais de la Pologne à l’est. Il faudrait que les français et les allemands ne se laissent pas entraîner dans les confins ex-polonais. Ceci ne nous concerne pas et ne vaut pas le plus petit risque de guerre. Messieurs les pans polonais si vous voulez récupérer votre ancien empire colonial qui garde un merveilleux souvenir de votre présence, sortez de l’OTAN et allez les prendre vous-même. Vous prendrez un autre raclée qui nourrira votre psychologie victimaire. 

Que reproche la Pologne à la Russie (à part évidemment le fait de lui avoir pris ses serfs ? )
– Le pacte avec Hitler
– Le massacre de Katyn
– La soviétisation athée
– Avoir fait tomber le Tupolev avec le gouvernement Kaczynski.

 – Avoir réagi en Géorgie
– Etc …
Or :
– La Russie a reconnu les crimes de la période soviétique
– Elle a rétabli l’église et la foi dans leurs magistères.
– Elle a rétabli la mémoire des Tsars
– N’a aucune revendication territoriale avec la Pologne (la ligne Curzon a été entérinée par Staline lui-même)
– Ne menace en rien sa sécurité.
– Le Tupolev est tombé à cause du brouillard qui est très dense dans ces régions en hiver. On a vu aucune invasion russe en Pologne suivre le crash de cet avion.
– Elle était garante par ses observateurs de la paix dans deux régions de Géorgie et n’était pas l’agresseur.On a affaire à un régime de mauvaise foi qui laisse interroger par la CIA sur son territoire des prisonniers dans des prisons d’extraterritorialité type Guantanamo, qui pousse à la mise en place d’un système de missiles censé contrer la menace qu’il crée justement.Les revendications justes du gouvernement polonais (elles existent) sont satisfaites. La géopolitique des cimetières est importante dans ces régions. Il est très important pour des familles polonaises entières de se recueillir dans les cimetières d’Ukraine occidentale peuplés de polonais. L’échange de populations qui a suivi 1945 n’a pas concerné les morts. Or la libre entrée des citoyens européens en Ukraine est parfaitement assurée et rien ne s’oppose ni au tourisme mortuaire, ni à celui des nostalgiques des « confins » de ce qui fut jadis le comonwealth Polono-Lituanien (même les lituaniens ont fini par en avoir assez d’une conception aussi unilatérale de la prospérité commune). Par contre la destabilisation d’un état voisin par néo-nazis interposés est autre chose. Ce ne sont pas tant les neo-nazis qu’il faut chercher mais ceux qui sont derrière, les instrumentalisent, les financent. La Russie finira naturellement par savoir qui finance ces gens et en tirera les conséquences. Comme elle le sait déjà en Syrie. Le crime contre la paix vise non pas l’agent mais le commanditaire.

B : Un crime contre la paix ?

La notion de crime contre la paix a été mis en place en 1945 au tribunal de Nuremberg et vise l’intentionnalité de déstabiliser des pays étrangers par des complots, attentats, soutien d’organisations violentes ou paramilitaires. Il est plausible que le gouvernement polonais entretient des contacts étroits avec les organisations « Liberté ». Et « Pravy Sektor » utilisées pour prendre le pouvoir à Kiev, destituer le président légitime, intimider la « rada » (l’assemblée), nommer des ministres sans compétences, provoquer un début d’exode en Russie.

Contrairement à ce que beaucoup pensent le Russie se passerait bien d’afflux de réfugiés sur son sol (combien ? 500 000 ?). C’est une déstabilisation en domino.

Ces manœuvres rappellent celles des chemises brunes en Autriche soutenues en sous-main par l’Allemagne de Hitler qui aboutirent à l’assassinat du Chancelier Dolfuss (Yanukovitch a finalement peut-être bien fait de prendre le large lien ici ou ici ). Quand à l’intimidation d’un parlement qui vote la destitution d’un président légitimement élu, ce sont des méthodes de bandits et c’est un coup d’Etat qui ressemble à l’intimidation des parlementaires allemands en 1933 par la clique Hitler pour obtenir le vote des lois d’exception.

Le résultat de cette série de processus anticonstitutionnels n’est pas difficile à prévoir. Ils seront contestés par la partie du pays qui ne se reconnaît pas dans cette hystérie russophobe. On saura plus tard quand les archives s’ouvriront ce qui s’est passé exactement, S’il y a eu complot prémédité et organisé de l’étranger ou simplement dérapage d’une situation. S’il est avéré qu’il y a eu complot de l’extérieur après le refus du président de signer des accords économiques suicidaires pour son pays, on entre dans la définition du crime contre la paix . A l’âge de la bombe atomique il n’y a pas plus grave que le crime contre la paix. C’est la Russie qui est en face. C’est naturellement l’opinion de l’auteur de l’article : follow the money.

C :  L’OTAN générateur de guerre.

L’OTAN est une organisation dangereuse car elle donne une illusion d’invulnérabilité aux pays russophobes revanchards qui la composent. Quand la Pologne provoque la Russie en Ukraine, c’est aux français qu’elle fait courir un risque inutile. La même chose pour les pays baltes. Cette structure est viciée. La seule chose que les français puissent faire actuellement est de voter uniquement pour les partis qui veulent sortir de l’OTAN et de sanctionner tous ceux qui veulent y rester. Une autre possibilité parce que c’est urgent est de se retirer du commandement intégré et de signer avec la Russie un pacte mutuel de non-agression (et avec d’autres pays). Rester nominalement en vidant ce traité dévoyé de sa substance. Si ensuite le gouvernement polonais entend jouer les incendiaires aux portes de la Russie et se prendre une raclée supplémentaire … La France a plus d’intérêts en Nouvelle Calédonie qu’en Ukraine.

Une analogie peut éclairer ce propos. Quand on comprime un gaz inflammable, vient un point d’auto ignition. Le responsable et coupable est la partie qui comprime le gaz. Le piston de l’OTAN est en train de mettre la Russie contre le mur jusqu’aux frontières de l’inadmissible pour sa sécurité et la forcer à se défendre.

  1. Si c’est voulu c’est un crime contre la paix
  2. Si ce n’est pas voulu c’est une faute lourde
  3. Si ça se fait tout seul sans que personne n’en soit conscient c’est qu’il n’y a plus de pilote dans l’avion.

D : Une psychologie exsangue à l’Ouest.

L’excellent blog-oeuvre www.dedefensa.org (qui a besoin de vos dons pour continuer son remarquable travail indépendant voilà c’est dit-) décode jour après jour cette dernière hypothèse : la pathologie système qui s’est emparée des chancelleries occidentales.

  1. Il fut un temps où la raison du plus fort était la meilleure et les âmes assez frustres quoique claires, les armes parlaient, les vaincus emportés comme esclaves et le butin distribué entre soldats. Si le vaincu récriminait, on disait « malheur au vaincu » et il fallait payer plus. Heureux temps révolu de la cruelle innocence du prédateur !
  2. « Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde » (Césaire). Ce temps là est fini ! Est venu la démocratie, les droits de l’homme, les valeurs. S’il a été possible pour un temps de continuer la vieille méthode avec les peuples non blancs colonisés (esclaves marrons, guerre du Rif, Sétif , Madagascar, Vietnam, Algérie), les populations européennes blanches n’ont plus accepté la guerre ouverte de pillage et de conquète. Il n’est même plus certain que les soldats marcheraient encore.
  3. L’ère de l’hypocrisie est donc arrivée, du couloir humanitaire, du devoir de protéger. Kouchner – BHL – Fabius sont excellents dans ce rôle avec les rafales en embuscade. Si on fait la guerre c’est évidemment pour piller. L’Occident est un club de pays ruinés qui cherche désespéréments des actifs à mettre en face de ses dettes. Ca a marché avec l’or de Khadafi mais les dettes sont vraiment immenses. C’est la fable du loup et de l’agneau avec un loup très hypocrite.
  4. L’ère des narratives auto-suggestives.. La pathologie développe un degré supplémentaire avec la nécessité de fabriquer les preuves permettant de se persuader soi-même que l’on est du côté du bien. Entendre BH Obama dire aux russes qu’ils ont violé la loi internationale a quelque chose de sidérant de la part d’un homme qui n’arrête pas de le faire. L’apport de Grasset est de montrer qu’il ne s’agit plus de machiavélisme ni d’hypocrisie mais d’une pathologie. Les russes en ont pris conscience. Ils continuent de dire « nos partenaires » parce qu’il faut sauver les apparences et qu’ils ont des bombes atomiques. Mais dans le fond c’est tragique. Les seules personnes qui ont encore un peu de lucidité à l’ouest sont les militaires américains qui disent « non » aux ordres suicidaires qu’ils reçoivent (Iran, Syrie, Russie). Ils veulent bien faire la guerre à condition d’avoir les moyens de la gagner. C’est ce qui nous sauve pour l’instant. Intoxication de la psychologie par l’hollywoodisme, le script, le film. Les « commémorations » incessantes sont l’occasion d’ »update » de « mise à jour » de l’histoire en fonction du besoin du moment. Un exemple fabuleux va se passer sous nos yeux avec le « merging », la fusion de la commémoration de la première guerre et du débarquement allié de la seconde, Baroso, l’UE. CQFD. Il faut bien ça pour empêcher de se rappeler que la Russie était dans le camp allié dans les deux cas et que c’était un super poids-lourd. On peut le faire et on le fera. Cette commémoration sera à la fois l’occasion de faire marcher la machine commerciale à plein régime et de graver dans le marbre la narrative euro-atlantiste.
  5. Dans le cas de l’Ukraine, on franchit semble-t-il un autre degré :
    – Le loup est édenté et ne semble plus vraiment percevoir clairement que l’agneau est en fait un ours blanc. On appelle ça une distorsion de la perception. Ni l’Europe ni les Etats-Unis n’ont la moindre chance de s’opposer militairement conventionnellement à la Russie. Il n’y a plus d’armée significative en Europe à part … l’armée suisse. Tous les pays d’Europe ont détruit leurs armées. Quand aux Etats-Unis, le budget de l’armée américaine arrive au tour de force d’être à la fois colossal et inefficace. Sur presque tous les plans les armements russes surpassent maintenant les armements américains. Il est impossible aux forces de l’Otan d’attaquer la Russie car elle protège la retraite ordonnée des « forces de la coalition contre le terrorisme » en Afghanistan. Dans ces conditions, dire aux russes que « toutes les options sont sur la table » quand c’est l’adversaire qui les a sonne un peu étrange.- Les insurgés soutenus en Ukraine véhiculent les valeurs qui sont l’opposée à celles que l’UE prétend promouvoir. Le rabin de Kiev a demandé aux juifs de quitter l’Ukraine. C’est la police de Yanukovitch qui parvenait tant bien que mal à contenir ces casseurs déchaînés chaque 9 mai quand les familles des vétérans de l’armée rouge – 80 % de l’effort de combat contre Hitler – essaient péniblement d’accéder aux tombes de leurs proches). Que feront-ils quand ils auront un appareil d’Etat à leur disposition ? Qui ira les déloger ? Qu’est-ce que l’UE peut bien avoir à gagner dans cette affaire. Elle les finance au contraire à hauteur de 11 milliards d’euros avec notre argent. Comment les diplomates peuvent-ils ne pas en être conscients. Quelle est cette France qui a fait de l’anti-racisme et de l’antisémitisme le fondement de sa politique et qui soutient des fascistes patentés. Ce que devrait dire l’UE, c’est le gouvernement russe qui est obligé de le faire remarquer « vous soutenez et financez un nid de neo-nazis qui va vous exploser en pleine figure en « blow back ». En bon français se prendre l’élastique en pleine poire.

Annexe 1 : Le cas de la France

L’UE est à la fois un protectorat américain et la continuation des politiques de chaque pays qui la compose par d’autres moyens. D’où son échec programmé « dans ses gènes » ce dont on ne se plaindra pas. La Pologne, l’Allemagne, la Roumanie ont des intérêts historiques en Ukraine et il est compréhensible qu’ils essaient de manœuvrer l’UE et sa diplomatie Ashton pour que la politique-UE corresponde à la leur. La grande déception du refus de signer l’accord UE-Ukraine venait de l’Allemagne : les terres noires, les marchés de la chimie, des médicaments, des brevets, de produits allemands produits par une main d’oeuvre qualifiée et qui travaille bien avec des normes allemandes puis réexportées à bas prix en UE (le thème récurent de l’Ukraine mal mise en valeur).

Au lieu de mettre le paquet sur la table, l’UE a décidé de punir Yanukovitch en lâchant les chiens et en laissant s’exprimer les casseurs de Svoboda et de Pravy Sektor venus par cars entiers de Galicie. Il sera bien difficile de faire rentrer ces démons dans leur boite ; Nos compétents de l’UE se retrouvent avec une situation ingérable.

La France à côté de la plaque, « comme d’hab ».

La France de l’énarque Fabius « jamais coupable » (le concept d’inculpabilité des élites développé par Grasset) a des intérêts partout sauf en Ukraine. L’Ukraine ne fait pas partie des intérêts de la république commerciale française d’extraction de plus-value. Pour la France, ce pays ne vaut pas le plus petit risque de conflit avec la Russie. Tout pousserait des responsables lucides à prendre à fond la main tendue par la Russie, signer un accord facilitant la reconnaissance des diplômes, les échanges entre PME, l’apprentissage de la langue russe. La France est confrontée à un chômage structurel massif de sa jeunesse démoralisée et parfois désespérée. Les 3 besoins de fond des français sont les sécurités (sociale, maladie, retraite …), la santé et le pouvoir d’achat. Que la France donne les assurances et un vrai statut aux français de l’étranger et la Russie donnera du travail, des diplômes qui valent quelque chose et qui donnent de réelles plus-values. Pas des papiers sans travail au bout. Ses opportunités sont à peu-près infinies mais méconnues. Les français ont encore une bonne image en Russie. Au lieu de croupir au pôle emploi ou dans des stages sous payés à 400 €, aller en Russie est un choix excellent pour un jeune pas encore trop zombie. Le gouvernement responsable doit faciliter et non pas empêcher les échanges avec la Russie. L’Ukraine est un sujet intéressant mais de là se fermer le marché russe …

Si les polonais, allemands ou russes peuvent se sentir concernés par l’Ukraine, pour la France, l’attitude juste serait une neutralité de bons offices. C’est celui qui n’est pas impliqué qui peut faire office de médiateur. Au lieu de ça on entend Fabius l’énarque jamais coupable menacer la Russie au nom de 65 millions de français de restreindre les échanges,de revoir un statut des visas laborieusement négocié depuis des années. Il a failli faire faire faillite à Peugeot en lui interdisant de vendre des voitures à l’Iran (dont les roues allaient sans aucun doute servir de centrifugeuses nucléaires). Avec des options comme ça sur la table on ne sait pas qui fait mal à qui ! Si en fait : aux français. M. Fabius, lui sera toujours très bien payé.

3 : Les enjeux : Vojna i mir (guerre et paix)

ll est clair que la Russie ne peut pas accepter l’OTAN à ses frontières pas plus qu’un régime franchement hostile à Kiev. Soit les populations de l’UE l’acceptent honnêtement comme un fait, soit il y aura une guerre à terme susceptible de dégénérer.

Si guerre il y a elle se fera en Europe et en effet la crise sera réglée parce qu’il n’y aura plus d’Europe.

Certains énarques imbus de leur personne et qui savent tout en ne connaissant rien font une erreur intellectuelle en parlant de « glacis géopolitique » à propos de l’Ukraine. L’Ukraine n’est pas un glacis (un glacis doit retrouver sa liberté et s’émanciper) mais une des Russies dont le développement a été retardé par le long servage polonais. Cette erreur fausse les décisions et mettent en danger la vie des français. L’Ukraine ne se séparera pas durablement de l’ensemble Russie-Bélarus mais cherche une égalité au sein de la nation russe aujourd’hui scindée en 3 états et une diaspora. Sans intervention occidentale les ajustements se feraient d’eux-mêmes. Une erreur similaire a été faite par la diplomatie française après la guerre d’indépendance américaine. Les affinités anglosaxonnes de langue et de façon de penser ont repris dès la cessation des hostilités. La France, elle, s’est retrouvée avec la note à payer.

Il y a 2*2 possibilités.

1 : Le conflit reste limité à l’Ukraine

– a/ Le gouvernement de fait organise des élections générales et se dissout. Les élections régulières et sans fraude envoient des délégués qui entérinent ou annulent les décisions du gouvernement de fait actuel. Un système fédéral de type allemand budestag/bundesrat est mis en place. Des régions élargies avec gouvernement et parlement ont en charge la police et les services publics. La Galicie, la Transcarpatie et la Crimée s’expriment par référendum sur leur destin. La Russie se voit autorisée à délivrer des visas russes à qui le demande sans que la nationalité ukrainienne puisse leur être retirée. L’Ukraine est neutre et s’engage à ne jamais adhérer à une organisation militaire hostile à la Russie ou à la Biélorussie. Un programme conjoint UE-Russie d’aide aux développement d’infrastructures sans conditionnalités est mis en place avec des prêts à taux 0% à 100 ans. La paix est sauvée et l’Ukraine se développe enfin. Le feu est éteint. Ce scénario est possible mais il faut que toutes les parties coopèrent. .
– b/ Le gouvernement de Kiev persiste à se considérer comme légitime. Proclamation d’indépendance unilatérale de certaines partie avec guerre civile ou pas. Partition de fait du pays. Désorganisation des liens économiques. Crise monétaire sur le Grivna. Régression, chaos, troubles, et probablement émigration vers la Russie, la Biélorussie, la Turquie (les Ukrainiens n’ont pas besoin de visa pour y aller). Si la Galicie déclare unilatéralement son indépendance la Russie ferait bien de l’accepter et de refiler la patate chaude à l’UE. A terme l’Ukraine ou une partie finirait par retrouver le calme (en combien de temps ?) et rejoindre l’union douanière Russie-Belarus-Khazakstan. D’ici là il faudra payer les notes de gaz chaque hiver. L’UE peut prendre à sa charge la note. Combien de temps ? La diplomatie russe semblant avoir le vent en poupe, il est plausible que la Russie reprenne a terme le contrôle de la situation. L’union des trois Russies dans la spécificité de chacune dans une union douanière bénéfique pour chaque partie (des peuples cousins qui pensent à peu près pareil et se comprennent) n’a rien à voir avec le conglomérat artificiel de peuples européens ruinés ; Cette union serait viable. Qu’une crise italienne, française ou espagnole dégénère dans le chaos et les ukrainiens se feront par eux-même leur opinion. Si la Russie tient jusqu’aux élections européennes et au raz de marée anti UE qui s’y exprimera, elle aura de bonnes cartes dans son jeu pour faire valoir son point de vue.

2 – Le conflit s’internationalise.

– 3/ Variante 1 : Beaucoup de bruit pour rien. Péroraison des Mrs Fabius, Hague, Kerry-Nuland. « toutes les options étant sur la table », « il faudra payer le prix » « ceci est inadmissible ». Ces gesticulations creuses accouchant de quelques sanctions épée dans l’eau. La Russie est un monde qui se suffit à lui-même. Personne ne voulant ni ne pouvant faire la guerre à la Russie en mourant pour L’viv ou Ivano Frankivsk, chiens qui aboient ne mordant pas tout se tasse et la Russie ne pouvant pas tolérer un gouvernement qui lui est ouvertement hostile en Ukraine, le président illégitime est empoisonné au polonium (c’est arrivé). Le message fondamental de la diplomatie russe finit enfin par passer et la meute des eurocrates apeurés rentre à la niche. En géopolitique il y a aussi un principe de réalité. Israël et ses groupes de pression assez considérables fait comprendre aux gouvernements via CRIF ou APAC que la récréation est terminée, qu’Israël a vitalement besoin de la Russie pour sa sécurité et qu’il n’est pas question de laisser s’implanter un nid de nazis en Europe sur le territoire même où s’est passé le génocide par balles.
– Variante 2 : Le dérapage. La basse-cour et le système merdiatique caquettent tellement fort que les avertissements russes ne sont pas entendus, couverts par le bruit. Le système continue de provoquer la Russie sans changer d’un pouce d’attitude. En réponse à « l’invasion russe en Crimée », L’Otan militarise les pays baltes, La Russie met en alerte ses missiles. (la mise en alerte des missile c’est l’équivalent en terme de communication à la mobilisation en 1914). La crise financière que-tout-le-monde-attend-mais-qui-n’arrive-pas éclate (enfin). A la faveur de la bombe atomique financière des CDS (credit default swap) en action, la Russie qui est un pays qui peut se suffire à lui-même se retire (non sans mal) de l’organisation internationale du commerce. Elle doit envoyer une série des signaux perceptibles par les psychologies autistiques de la caste diplomatique. Les moyens sont nombreux entre Afghanistan, Géorgie, essai de missile, panne informatique, guerre des oléoducs, blocage du port de Poti. Le pétrole flambe à terme et le citoyen européen prend conscience avant les élections européennes qu’on est pas dans un jeu vidéo. En Europe c’est la panique chacun se rejetant la responsabilité. Le drapeau européen planté au ministère des affaires étrangères français « pour toujours » (Villepin dixit) brûle, l’UE se décompose. Les élites sortent brusquement du rêve éveillé de leur puissance. Des sanctions économiques qui font deux fois plus mal au sanctionneur qu’au sanctionné sont stérilement mises en place. La Russie « droit dans ses bottes » regarde l’occident s’embourber de façon impassible et retourne à sa traditionnelle autarcie.

Depuis 1991, du point de vue Russe, l’OTAN avance inexorablement vers le cœur de la Russie comme une invasion au ralenti et au mépris de toutes les assurances données. Etant complètement dans son droit et une grande nation, il ne faut pas compter sur un défaut de force morale de la population russe en cas de crise sérieuse. Le moral russe tiendra.

Peut-on imaginer une seule seconde que les Etats-Unis accepteraient au Canada et à 200 km de New_York une révolution téléguidée mettant au pouvoir un régime ayant pour but avoué d’entrer dans une Organisation Militaire du Traité de l’Arctique dirigée par la Russie ? Ce serait une déclaration de guerre de facto aux USA.

On ne peut qu’espérer que la variante 1 prévale : le caquetage insignifiant débouchant sur une conférence internationale dans laquelle un des acteurs ayant une partie de la solution ne sera pas invité. Ceci permettant d’en organiser une autre, tout ça au frais des contribuables.

Quant à l’Ukraine occidentale l’hypothèse d’une sécession est possible.

Annexe 2 : L’hypothèse d’une Galicie indépendante nième membre de l’UE

On a vu dans la partie historique que la Galicie est différente du reste de l’Ukraine. La superposition des résultat de « Svoboda » aux élections de 2010 et de la carte de l’Autriche-Hongrie an 1900 le montre clairement. Il est possible que l’Ukraine retrouve sa stabilité par une partition de fait ou de jure. Tout étant préférable à la guerre. Un pays de plus ou de moins au point où en sont les choses … Si l’Ukraine occidentale fait sécession de jure, et que ses frontières sont reconnues (il y a beaucoup de si) elle pourrait adhérer à l’UE. Au bout de 20 ans avec deux Ukraines appartenant à deux blocs économiques, l’un sur le déclin et l’autre ayant le vent en poupe, on y verrait plus clair.

Adhérer est le mot parce qu’elle ne s’en décollerait pas de sitôt. Signant l’accord avec l’UE, demandant son adhésion (qui ne lui serait naturellement pas refusé) l’UE accueillerait dans sa formidable famille recomposée un membre supplémentaire pour la plus grande satisfaction des capitalistes qui importeraient ainsi une population payée 5 € de l’heure (pourquoi pas moins ?), délocaliseraient leurs usines et réimporteraient les produits manufacturés via un ruban autoroutier tout neuf pour essieux 42 tonnes payé par les fonds structurels, c’est à dire nous. La pauvre Galicie comprendrait lentement mais un peu tard et comme d’autres avant elle qu’elle a été roulée dans la farine.

La population naïve se verrait offrir des crédits auto par des banques autrichiennes ou allemandes. Quelques années plus tard, on verrait fleurir des pancartes ‘à vendre’ et les beaux appartements historiques mais vétustes de L’viv changeraient de main, vite rénovés et vendus à la découpe dix fois le prix. Les locataires ne pourraient que quitter la ville tandis que les plus habiles tireraient leur épingle du jeu. Le parlement voterait les lois de ‘convergence’ de ‘l’acquis européen’ sans trop comprendre ce que ça voudrait dire. Les normes sanitaires européennes pousseraient les paysans à la faillite (avec quoi se mettraient-ils aux normes – un crédit agricole de Galicie – on leur souhaite bonne chance) ou peut-être au reboisement (pour la bonne conscience bilan carbone des entreprises) et au simplement au départ (plus probable). Le savoir faire démocratique permettant sans aucun doute de faire voter « oui » à une population à qui on distribuerait des drapeaux bleus et des ballons jaunes.

En France après des polonais, des roumains, des bulgares on verrait arriver des ukrainiens balbutiant quelques mots de français faire passer les produits code-barre sur le tapis ou appuyer dans les cafétérias ou fast-foods sur les touches correspondant aux produits achetés. Les autres travaillant comme manutentionnaires hors de la vue du client. A la première contestation on leur ferait comprendre que leur contrat à durée déterminée (CDD) ne serait pas renouvelé. Il y aurait bien un feed-back (retour d’expérience) négatif au pays mais qu’on se rassure la représentation nationale grassement payée et bénéficiant de tous les avantages de la nomenklatura européenne promettrait de promouvoir une « autre Europe » pendant les deux minutes de parole imparties au parlement européen.

La gigantesque souricière UE aurait avalé un autre peuple. La jeunesse ferait de son mieux pour « penser positif » et « attraper les opportunités » sans s’apercevoir que les attend en embuscade le système du « bid » qui est encore pire mais qu’on réserve pour la génération suivante. Le travail par enchères inversées. En bon français : « qui veut travailler pour moins ».

En France la population active au chômage serait de 25% et les suicides par immolation se stabiliseraient à un rythme de croisière de 15 par jour.

On proposerait aux chômeurs du pôle emploi des postes délocalisés à 150 € par mois. On peut imaginer parce que c’est dans la logique du système qu’après trois refus de poste en Galicie, on se voit radié et que la courbe du chômage se stabilise voire peut-être diminue un peu à l’extrême satisfaction du premier ministre énarque du moment devant les caméras des journalistes obséquieux. .

Après la Croatie viendra le tour de la Serbie.

L’Europe qui a inventé et perfectionné le système colonial est en train, assez magistralement et peut être pour terminer ce cycle en beauté, de se l’appliquer à elle-même. L’Ukraine qui s’est créée contre le servage polonais risque de se jeter tête baissée dans le servage de l’UE. Mais cette fois-ci il n’y aura ni cosaques ni russes pour les libérer L’ »ukraijna », la frontière sera électronique et infranchissable. Il s’agirait donc bien d’une révolution de type sidéral : le retour à la case départ. Les polonais et les allemands reviendront et le peuple ukrainien se retrouvera encore plus serf qu’il ne l’a jamais été.

Il ne reste plus qu’à souhaiter bonne lucidité aux ukrainiens amoureux de la liberté européenne. Pour mettre 11 milliard d’euros dans la balance et s’asseoir sur tous ses principes, l’Ukraine semble exciter beaucoup de convoitises en Europe, convoitises sonnantes et trébuchantes n’ayant rien à voir avec la démocratie. l

Le 5 mars 2014.

 

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