Les réfugiés en Europe comme arme des destructuration massive: faits, conséquences, pistes de solutions

Ce modeste article voudrait proposer quelques pistes de réflexion. C’est toujours une entreprise dangereuse que de vouloir réveiller les gens et surtout ceux qui n’en n’ont pas envie. On déplaît au peuple qui veut être rassuré et au pouvoir qui rassure quite à mentir « like hell », comme l’enfer comme disent les américains.

L’auteur précise qu’il est rigoureusement sur le même Titanic que les autres. Pendant que ça bavarde (bavasse) sur les plateaux de télé, le rouleau compresseur de l’Histoire avance. Les survivalistes ou les VIPs imaginent s’en tirer en réservant leur place dans les canaux de première ou seconde classe du Titanic. Ils chavireront juste un peu plus tard. Au pire ce sera le radeau de la méduse et le canibalisme. Mais comment réveiller les gens. Il y a peut-être encore un an ou deux. On lance la bouteille à la mer.

Ce modeste article voudrait premièrement rappeller que l’auteur avait prévenu dès le 30 juin 2012 que les élites françaises, britanniques et probablement israéliennes montaient un sale coup en Syrie après avoir menti sur la Libye. Nous nous voyons obligé de nous citer nous-même et nous en excusons. Il n’y a rien à retrancher. Nous n’avons pas à avoir honte d’être lucide.

Profits, mensonges, mercenaires et forces spéciales).

  1.  La drogue inonde, déstabilise et affaiblit la Russie tandis que l’argent blanchi se retrouve à terme dans des paradis fiscaux peu regardants dont, comme par hasard, le tiers est lié à la Grande-Bretagne (à ses dépendances ou à son ancien empire). Il faut savoir que la moitié de tous les flux de capitaux mondiaux transitent par les paradis fiscaux Entre 800 et 1600 milliards de dollars américains. Une telle masse d’argent recyclée arrive sur les marchés et cherche à se placer. Grâce à l’interdiction de se financer eux-mêmes, les états finissent fatalement par s’endetter auprès de ces marchés de capitaux. Il y a plus ! L’empire britannique et le MI6 est connu pour être assez efficace en recrutement de mercenaires. Le recours aux mercenaires et aux corsaires sur mer est une très vieille habitude anglaise. Le premier président Poutine dans sa guerre de Tchétchénie les a vu débarquer via la Turquie dans le Caucase. Ils se battent bien et par l’intermédiaire de holdings opaque basées à Londres, les sociétés de mercenaires sont en veilleuse prêtes à réactiver des armées privés en quelques jours. Le MI6 recrute même sur facebook. En Syrie les mercenaires arrivent de Turquie, Jordanie et Irak. Ils sont armés par les monarchies ploutocratiques et autocratiques du golfe tandis que les instructeurs britanniques forment et repèrent sur le terrain.
  2. Il n’est pas possible (pas de preuves) de dire qu’Al Quaïda est contrôlée par le MI6. C’est toujours beaucoup plus indirect. Le fait est que là où il faut déstabiliser, Al Quaïda revient : en Libye selon le Dr. Franklin Lamb , la valeur militaire d’un soldat Al Quaïda en Libye était de 10 soldats rebelles et 8 soldats de Khadafi. De redoutables guerriers donc. En Syrie, de 300 au début du conflit en Syrie, le nombre de soldats Al Qaïda serait de 3000 maintenant.
  3. Quel est le but final de tout ceci ? Faire durer le conflit, affaiblir, diviser, libaniser. Puis jouer des querelles et antagonismes de clans à moindre coût parce que la Grande-Bretagne est dans une situation financière difficile (elle en a vu d’autres et a toujours su se renflouer).
  4. Refaire le coup des accords Sykes-Picot de 1916

Dans un article de 2015 (donc bien postérieur), l’excellent « complotiste » Thierry Meyssan parle de rétro-colonisation.

Très bon article et très bon concept. N’importe qui peut être mieux informé qu’un chef d’état sur internet et personne ne peut prendre pour excuse son ignorance. En 1914 les français ont été attiré dans un traquenard mortel qu’ils ne pouvaient pas prévoir. En 2014 tout est là.

Le masque de l’Armée Syrienne Libre et de Bashar El Assad qui tue son propre peuple commence à tomber ou au moins à s’effritter.

Le très modeste article voudrait rappeler qu’il n’a cessé de dénoncer la stérilité de la poutinophobie et des prises de position à priori concernant « Assad qui ne mérite pas de vivre ». Depuis après le tragique rappel brusque de la réalité, il semblerait que la voix de la raison atteigne les hautes sphères. Mais à quel prix ! Après le scandale du sang contaminé, il va falloir ouvrir le scandale d’un effet boomerang hautement prévisible. Nous regrettons de le dire mais Fabius responsable mais pas coupable devrait peut-être prendre une retraite bien méritée.

On choisit l’angle de vue colonial (un système d’exploitation, de prédation, de vol, de droit au service du plus fort) mais d’autres approches pourraient arriver au même résultat de bien d’autres façons : crise multicouche, universelle, convulsive, in-quiète. Le réflexe biséculaire bourgeois de mettre la poussière sous le tapis, les cadavres dans le placard et la tête dans le sable heurte in fine le mur de la réalité. Fin de partie. La soi-disant civilisation occidentale se voit soumise à la question (au moins préparatoire) par une partieclairvoyante et non décervelée de sa population.

Une civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. Une civilisation qui choisit de fermer les yeux à ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte. Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde. […] Cette Europe-là (…) se réfugie dans une hypocrisie d’autant plus odieuse qu’elle a de moins en moins de chance de tromper. (…) Aimé Césaire : Discours sur le colonialisme. Paris 1955

Oui, cette « civilisation »-là est manifestement incapable de résoudre les problèmes que suscite son développement. Oui, cette civilisation ferme les yeux sur ses problèmes les plus cruciaux. Oui, cette civilisation ne cesse de ruser avec ses principes. Oui l’hypocrisie y prend des proportions pathologiques, signature d’une civilisation en sursis.

Cet article a été conçu et écrit avant les tragiques événements de ces derniers jours. L’auteur lui-même est pris de vitesse par la blitz-crise. On est pas ni pro-Poutine ni inconditionnel de la Russie. On constate simplement que pour des raisons qu’il faudrait expliquer, on y triche moins avec la réalité, on y décrypte mieux les situations, on sait mieux agir de façon efficace. On a pas l’impression que le paquebot est piloté par des incapables qui ne savent pas où ils vont. Y a-t-il un pilote dans l’avion ?

Les crises se superposent comme des calques : crise financière de 2008, crise économique, crise écologique, crise du logement, crise d’identité, Une crise est sensée par définition être de courte durée. Sinon qu’on emploie le terme adéquat : maladie chronique, ou soins palliatifs. Le fait divers devient symptôme d’une Histoire-tsunami qui qui est tout sauf la paix mais syndrome de la ligne Maginot / drôle de guerre / hôtel du parc. Une sclérose mentale pour reprendre le terme de Marc Bloch dans « une étrange défaite ».

Après avoir montré que le « soi-disant » « printemps arabe » est une déstabilisation orchestrée de Londres et de Paris avec la complicité des petro-autocraties (follow the money), que ces jeux franco-britanniques sont loin d’être nouveaux et datent d’au moins un siècle pour le malheur de cette partie du Monde, on montrera que, exactement de la même façon qu’avec les sanctions contre la Russie, l’Anglo-France/Franco-Angleterre a réussi à se déstabiliser par effet boomerang décuplé avec un million de réfugiés en Europe à la colère réelle de la moitié du continent (Hongrie en tête) et à la perplexité de la Russie, tout ceci fait avec des impôts écrasants de l’ordre de grandeur de ceux que levait Louis XIV pour aller jouer à la guerre ou construire son palais inchauffable (cf ; les passages incendiaires du duc de Saint-Simon ou la lettre cinglante de Fénelon qui définit au passage ce qu’est une guerre juste (1)

(1) Cependant vos peuples (…) meurent de faim. La culture des terres est presque abandonnée ; les villes et la campagne se dépeuplent ; tous les métiers languissent et ne nourrissent plus les ouvriers. Tout commerce est anéanti. Par conséquent vous avez détruit la moitié des forces réelles du dedans de votre État, pour faire et pour défendre de vaines conquêtes au dehors (…) La France entière n’est plus qu’un grand hôpital désolé et sans provision. (lettre de Fénelon à Louis XIV de 1694)

 

1 : Généalogie d’une grande migration

L’adage : « à ce qui reste tranquille il ne faut pas toucher » s’applique plus que spécialement au Moyen-Orient. Or, « ils » ne cessent d’y toucher depuis 100 ans.

A : Le « soi-disant » « printemps arabe » est une déstabilisation orchestrée de Londres et de Paris avec la complicité des petro-autocraties (voir article de 2012)

B : Les accords Sykes-Picot de 1916 : un crime contre la paix qui dure.

Les accords Sykes-Picotdont on fêtera l’”anniversaire” l’an prochain, sont l’une des quatre pires machinations dont les franco-anglais ont été capables et qui créent une dynamique qui s’auto-entretient au Moyen-Orient sans qu’on en puisse jamais voir la fin. Leur actualité est donc bien réelle, pour le malheur du Moyen-Orient.

Quelques rappels :Avant la révolution française, faite avec de l’argent anglais puis échappant à son instigateur par sa dynamique propre, le rôle historique de la France fut de limiter les ambitions anglaises. Après le désastreux épisode napoléonien, le début du rapprochement entre la France et l’Angleterre date de Talleyrand (ambassadeur à Londres de 1830 à 1834). Il est acté par l’arrivée de Louis-Philippe en France (le cartel des banques) et scellé par la mise au pouvoir en France de Louis Napoléon Bonaparte (l’élection fourre-tout taillée sur mesure par Londres pour un peuple de dupes analphabètes) puis Napoléon III (l’Empire c’est la paix = 5 guerres).

C : Les deux brigands internationaux à l’oeuvre

  1. Chimère (céramique grècque)

    Depuis Napoléon III, cette alliance est scellée dans le sang du brigandage international en commun et ne sera que très rarement écornée ; la fable du coq et du lion se met en place, transformée depuis 2007 en chimère militaire après de belles aventures en commun. Une belle équipe quoi au bon tableau de chasse ! Pourquoi vivre en bon commerce et échanger équitablement quand un canon suivi d’un traité léonin et parfaitement inacceptable peut faire l’affaire. Le sac de la cité interdite en Chine (1860), viol en bande organisée avec violences et les traités inégaux qui ont suivi ont mis un siècle à être effacés mais traumatisent encore la conscience chinoise. La guerre de Crimée contre la Russie (1854-56), le partage de l’Afrique scellé par l’entente cordiale (1904), les traités de « paix » de Versailles, de Trianon, de Sèvres qui demandent à un contractant de signer sa propre mort, et naturellement les accords Sykes-Picot, jalonnent une conception très spéciale de la « paix ». Par les accords Sykes-Picot, les deux empires se sont partagé le Moyen-Orient au même moment où ils le promettaient aux arabes et aux juifs. Une fois dans leur « protectorat », les français ont charcuté la Syrie, agrandi le Liban, donné une partie de la Syrie à la Turquie sans en avoir le droit et en mettant les syriens devant le fait accompli . Cette façon de promettre une chose et son contraire au Moyen-Orient a créé un réseau inextricables de tensions et de revendications. Il suffit ensuite de souffler ici où là en fonction des intérêts du moment pour garder la main.

  2. Il est vrai que de temps à autre, plus rien ne se passe comme prévu : l’état juif en 1948 et le monstre frankeinstein Daesh/Isis. Face à une telle situation, l’Angleterre est simplement partie en 1947 en se lavant les mains de la guerre civile qu’elle avait elle-même provoquée. « Débrouillez-vous » ! Avec l’Irak, ça a été un peu similaire : on garde le pétrole et vous vous débrouillez avec le chaos restant. Quelques bombardements sans prendre trop de risque et en visant si possible à côté. L’inefficacité de la coalition internationale contre Daesh avait été dénoncée dès le début par le complotiste (encore un !!) Tarpley (Que penser d’un complotiste quand la lecture à postériori de ses textes ou entretiens s’avère avoir correspondu aux faits constatés ?). Le caractère mou des frappes de la « coalition » tient au fait que « Assad doit partir » du côté français et que les frappes avaient pour but non de détruire ISIS mais de l’orienter, le pousser contre Assad. A vouloir jouer au plus malin, la coalition s’est pris à Paris un recadrage sanglant. On ne finasse pas avec les terroristes. On les massacre, on les anéantit, on les bute dans le désert avant qu’ils n’aient pu faire 100 km et envoyer leurs métastases ailleurs. Jamais le gouvernement de la Syrie n’a menacé de la plus petite façon la sécurité des parisiens. A avoir une trop grosse tête d’énarque, on finit par penser faux. Quant à distinguer casuistiquement le bon terroriste qu’on arme du mauvais sans espérer sauter sur la bombe qu’on a soi-même amorcé, c’est un jeu très dangereux. Le président Poutine a du réaffirmer ces évidences devant l’Assemblée des Nations Unies.
  3. Suez 1956 représente une assez bonne illustration de ce que peut faire l’ »amitié franco-anglaise » : pour se débarrasser de Nasser, donner les secrets atomiques aux israéliens en échange d’une attaque simulée sur l’Égypte justifiant leur « interposition » dans la zone du canal. Tout ceci ayant tourné en eau de boudin et n’ayant pas empêché ni la France de perdre l’Algérie, ni l’Angleterre le canal. Seuls les secrets atomiques, eux, sont restés en de bonnes mains. La malédiction Sykes-Picot n’a plus besoin de ses créateurs pour fonctionner en mouvement perpétuel.
  4. Ce modèle franco-anglais doit être vu comme une matrice. Depuis, la CIA a beaucoup appris. La force lui appartient encore (la canonnière franco-britannique) qui permet d’abréger une négociation un peu trop longue. Néanmoins, le savoir-faire séculaire anglo-français reste et on se se partage les rôles et les « expertises ».
  5. Le printemps arabe était prévu comme une quinte flush royale au poker (menteur) : Tunisie, Libye, Égypte, Syrie, Arabie Saoudite : diabolisation du pouvoir en place, création d’une opposition et organisation de défections au plus haut niveau, reconnaissance de l’opposition « libre » comme seule interlocuteur valable, tentatives de déstructuration économique et monétaire, armement et entraînement d’Al Quaïda, essai de forcer la main à un Obama réticent. Comme à Suez l’opération s’est enlisée après un bon début en Tunisie et Libye, a calé en Syrie et revient en boomerang eu Europe  sous forme de centaines de milliers de réfugiés. Chez leurs citoyens plus exactement car les dirigeants ne sauraient en aucun cas être responsables de rien. (principe d’inculpabilité).
  6. Remontant vers le nord par les Balkans, la rivière d’hommes s’écoule comme le sang d’une blessure impossible à refermer. Les peuples balkaniques et centre-européens invitent successivement cette masse à se diriger au plus vite vers leur voisin immédiat, montrant ainsi en actes la solidarité indéfectible dont les peuples unis d’Europe sont capables dans l’adversité. Si l’Angleterre reste une île, ce n’est pas le cas de la Hongrie qui n’a pas été consultée dans l’opération libyenne et qui assez logiquement n’a pas tenu à en faire les frais. En Hongrie comme dans beaucoup d’autres pays de l’Union Européenne, il n’y a pas de passé colonial. L’action est rapide : « nous sommes chez nous et nous fermons notre frontière ». Si la France, fière de son action libératrice en Libye, le cœur meurtri et compatissant, veut accueillir sur son sol généreux et avec ses deniers le fruit de ce qu’elle a largement et légèrement semé, qu’elle le fasse. Personne ne l’en empèche.

Maintenant que sunnites, chiites, russes, chinois, américains, anglais, français et peut-être israéliens sont en Syrie, et que des populations syriennes (une infime minorité certainement mais potentiellement très active font le geste de trancher la tête devant les caméras en Europe, toutes les conditions sont réunies pour un embrasement général et une importation du conflit en Europe. Était-ce si imprévisible que ça ? Ce n’est pas l’éruption du Vésuve, de la montagne pelée ou le tsunami du Japon.

II : Pays déstabilisés = personnes déplacées

A : Le point de vue des réfugiés : l’Europe , une seconde chance ?

 Grâce aux agissements franco-anglais, l’Europe se trouve dans une crise inédite depuis celle des personnes déplacées de 1945-47. Pour se faire une idée de ce que représente cet exode (amer, tragique, absurde, impitoyable), les cœurs bien accrochés pourront lire « la seconde chance de Virgil Georgiu. La partie qui se passe au temps du grand exode de la fin de la seconde guerre mondiale s’appelle « le livre des humiliations », et elles sont grandes, suivi du « livre des rebuts », les hard-core, ceux dont personne ne veut plus nulle-part car sans-dents, trop abîmés, trop usés. Puis une nouvelle couche d’humiliations précède « le livre de la descente dans les ténèbres » quand les yeux se sont définitivement vidés de leur vie. Âmes sensibles s’abstenir. Il n’y a pas de happy-end dans ce livre et aucun héros ne viendra 15 minutes avant la fin pour faire régner la justice avant le journal de la nuit. Un exode est une grande calamité. Les familles sont dispersées, certains deviennent fous, certains se suicident, d’autres ne supportent pas l’exil. Le plus douloureux peut-être, si possible, sont les pitoyables illusions forgées en cours de route dans le torrent boueux d’une histoire en crue. Plus rien n’est prévisible sauf l’imprévisible. Cet article ne l’oublie pas. Prenant au sérieux la convention de Genève, l’Allemagne, incarnée par frau Merkel va prendre à sa charge la plus grande partie des dommages collatéraux du « so genante » (soi-disant) printemps arabe.

 

II : Les conséquences prévisibles de l’exode du point de vue des peuples européens.

A : Paupérisation accrue :

On comprend bien que la ponction sur le revenu disponible va baisser. Sans manquer de respect ou de compassion pour les réfugiés, ça tombe vraiment mal, à une période où la France comme le continent Euro vont très mal économiquement

(Cinquante euros, c’est la somme maximale qu’ont pu mettre de côté chaque mois 54% des Français en 2015, une fois leurs dépenses courantes -impôts, loyer, gaz/électricité, téléphone et nourriture- réglées. Mais il y a pire … (La Tribune)

Soit en clair un décrochage quasi-imminent de l’Airbus France qui va tomber en vrille. Il n’y a plus de portance. Un peuple qui vote devrait être adulte et s’il vote deux fois de suite pour des guignols qu’est-ce qu’on y peut ? Il y avait des candidats bien plus lucides et/ou honnêtes en 2007 et 2012. L’électeur français aime et demande qu’on le berce et le dorlote d ‘illusions.

B : Insécurité accrue

La France comme d’habitude est incompréhensible. On laisse les SDF dans la rue et on met les réfugiés / migrants dans des châteaux. Les SDF resteront sur des cartons et la grande majorité ne fera rigoureusement rien. Tout donne l’impression d’un bricolage à vue sans plan et sans vision. On ne sait pas où l’on va. La banquise craque, les superstructures du paquebot Europe gémissent, les failles sont prêtes à jouer. Tout peut s’effondrer d’un moment à l’autre.

La question est de savoir qui va payer la note finale. Elle devra être payée et elle sera salée. Khadafi avait clairement dit en 2011 que ces rebelles financés par le Qatar et aidés par les rafales français voulaient créer un califat. Qui a détruit la digue Khadafi ? Qui essaie de détruire la digue Assad ? Qui a failli donner l’Égypte aux islamistes radicaux. Et après ? L’Algérie ? Qui se porte volontaire pour aller combattre ? Il faut des bombes thermobariques pour effrayer ces combattants analphabètes et drogués.

Ce qui se prépare est une guerre d’Algérie en Europe et le destin de Paris ou de Bruxelles est probablement similaire à Alger. Il faudra boucler chaque rue, fouiller chaque sac, perquisitionner chaque appartement, cave, cagibi.

Si le sort de chrétiens est d’être décapités, quel sera le sort des athées, des femmes, homosexuels ?

Si aujourd’hui la police ne peut pas faire régner l’ordre dans certaines parties du territoire, comment logiquement exclure que des micro-califats ne se créent pas à l’échelle d’une cité. Quant aux réfugiés ce sont les autorités diverses qui les diluent sur le territoire alors qu’elles ne savent rien d’eux ou presque.

Comment l’armée se tirera-t-elle d’affaire quand des centaines d’écoliers de plusieurs écoles en même temps seront pris comme bouclier ou exécutés devant les caméras ?

S’il faut faire une bataille d’Alger à l’échelle de Paris comment cette économie-là (s’il en reste quelque-chose au rythme où vont les choses) pourra même subsister alors qu’elle fonctionne en flux-tendus ?

C : Dislocation de l’Union Européenne accrue.

Intermarum et réfugiésAprès la démonstration de leur incompétence manifeste dans la crise de l’euro, de leur incapacité en matière économique, les dirigeants européens ont montré qu’ils étaient capables de déstabiliser trois continents en 3 ans par incapacité de prendre du recul et distinguer le prioritaire de l’accessoire et une énergie désormais pathétique mise au service d’un projet euro-atlantique voué à l’échec. Il n’y a pas d’homme nouveau européen forgé par directives, règlements ou traités. Il y a juste des places à prendre et des subventions à réclamer. A la première crises sérieuse, ou quand les caisses seront vides (et elles le sont), chaque peuple reprendra ses billes et la construction européenne apparaîtra pour ce qu’elle a toujours été : un machin qui fonctionne plus ou moins quand tout irait de toutes façons bien sans lui mais qui s’effondre lamentablement au premier choc vraiment sérieux.

Les Hongrois sont révélateurs de cette fracture dans les façons de penser. L’auteur de ces lignes a parlé cet été à plusieurs personnes de milieu social très différent : l’idée qu’un texte puisse forcer la Hongrie à nourrir, blanchir et soigner des syriens ou des afghans y est presque choquant. « Encore un coup des serbes », « il faut remettre le mur et tirer à la mitraillette comme au temps soviétique », « c‘est vous français qui avez provoqué ça » etc … Le moins que l’on puisse dire est que l’unité nationale a été créée. Nourrir gratuitement (siman) au nom de l’Europe ne passe pas . Semmi keppen (en aucun cas). Cette « solidarité » européenne a même réussi l’impossible : mettre les hongrois, tchèques et slovaques d’accord sur quelque-chose. On précise que la Hongrie a du mal à donner un niveau de vie décent à sa population, que beaucoup doivent renoncer à des soins dentaires et que les magasins doivent préciser que la nourriture pour animaux n’est pas destinée aux hommes. Loger nourrir et blanchir des afghans y relève de la provocation.

Et ce n’est que le début. « si vous voulez vous suicider, faites-le mais sans nous » (le grand remplacement). La fermeture de la frontière, les barbelés ont fait tomber les passages à presque rien. Allez chez les autrichiens ! On est juste spectateur ou témoin : par ici la sortie !

Les hongrois ont montré qu’ils étaient capables de prendre rapidement conscience d’un problème, de le décrypter, de prendre une décision, de l’appliquer. Un pays (la Hongrie dans ce cas) a pris la décision qu’il pensait devoir prendre et l’a appliqué de façon cohérente. Les hongrois ont choisi une rétroaction négative (afflux de réfugiés, information, décision, barrière, retour à la normale). L’Europe de l’Ouest semble prendre la voie de la rétroaction positive créatrice de changement irréversible. On ne peut qu’espérer qu’il s’agit d’un choix éclairé.

L’attitude hongroise n’est pas isolée. C’est tout l’Intermarum très peu islamisée qui réagira de la même façon de la Finlande en Roumanie. L’EU se cassera en deux sur cette question : c’est visible sur les cartes. Pas besoin de supercalculateurs pour ça.

Quant à l’Allemagne, le poids d’intégration d’une société radicalement étrangère qu’elle s’est mise sur les épaules risque de la faire sombrer dans la guerre civile larvée ou violente.

III : Pistes pour limiter la casse

1 : Accueillir. Concernant les réfugiés, voici les chiffres pour 2014 . Ils parlent d’eux-mêmes. Accueillir, panser les plaies, fortifier. La France n’a pas à perdre son âme par égoïsme.

2 : Ne surtout pas faire de fausses promesses : Etre généreux ne signifie pas être con. Les réfugiés sont des réfugiés. Ils ont pour vocation à rentrer chez eux dès que possible et en sécurité. Mettre en sécurité ne veut pas dire donner une carte de séjour. 

3 : Pour ce faire, déléguer le maximum à la structure compétente : Les personnes déplacées relèvent du haut commissariat aux réfugiés de l’ONU (UNHCR) payés avec des dotations volontaire des états membres, ONG ou particuliers (50 % vient d’Europe. La France paie deux fois, une première fois en tant que France, une seconde fois comme partie de l’UE). Quand on constate qu’un hôtel de luxe en Allemagne est réquisitionné, ses employés licenciés du jour au lendemain pour le transformer en centre de réfugiés, quand on constate que l’administration française ne trouve pas mieux que de louer un château pour y caser des réfugiés ou que des camps de tentes lamentables se créent ici où là sur le territoire, on se demande si payer l’UNHCR dont c’est le métier depuis 65 ans et qui sait le faire, lui donner simplement les moyens pour installer des villages de tentes propres et dignes ne serait pas plus efficace.

4 : Vigilance : On ne sait pas qui arrive en masse en Europe. Il n’y a souvent pas de carte d’identité. Il y a de faux passeports. Faire venir des gens d’une zone de guerre où la violence prend des proportions haut-moyennageuses nécessite une vigilance extrême. Existe-t-elle ? Les moyens sont-ils à la hauteur ? Il n’y a pas que de malheureuses victimes angéliques dans ce flot. 1 % seraient largement suffisant. Les armureries autrichiennes sont dévalisées par des femmes terrorisées et en Suède, certaines femmes doivent se teindre les cheveux en noir. On attend les premiers faits divers sanglants. Ce n’est que question de temps.

5 : Retour

Si l’opération conjointe russo-syrienne suit le momentum qu’elle a pris (2200 cibles détruites par les russes selon IRIB (sans citer malheureusement de source), 2000 selonSputnik et avancée significative de l’armée gouvernementale-légale syrienne en direction d’Alep, la zone syrienne sécurisée devrait s’étendre d’ici quelques mois). On reste naturellement prudent. Selon Thierry Meyssan, véritable expert de ce moyen-orient-poudrière, le jihadisme serait la stratégie de la Turquie et un grand changement d’alliances serait en cours. Tarpley a dénoncé depuis de très nombreux mois la duplicité du gouvernement Erdogan. Tous les acteurs de cette région jouent double ou triple jeu ce qui ne simplifie pas les choses. Un nid de vipères.

« A ce qui reste tranquille il ne faut pas toucher ». « Ils » y ont touché. C’est leur principale faute.

Toutes ces précautions prises, les personnes déplacées devraient pouvoir rentrer chez eux au fur et à mesure de l’avancée de l’armée d’Assad au sud et des kurdes au nord et irakienne au sud-est. Erdogan doit arrêter son double-jeu et arrêter de faire croire que la Turquie ne contrôle pas son territoire. Le UNHCR si on lui en donne les moyens, peut prendre la situation en main et réinstaller au fur et à mesure les réfugiés. Ensuite il faudra aider à reconstruire les zones dévastées par la guerre et les monarchies sunnites du golfe, richissimes, qui n’ont accueilli personne pourraient aussi passer à la caisse, non ?

Une civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. Une civilisation qui choisit de fermer les yeux à ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte. Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde. […] Aimé Césaire : Discours sur le colonialisme. Paris 1955

 

Conclusion : Vigilance plus que jamais.

 

Ce long article se termine par une conclusion écrite après les terribles attentats de Paris #pray4paris.(certains ne perdent pas le nord même dans des situations tragiques)

On ne peut qu’accuser le coup : « ils » l’ont fait. Avec clarté et détermination.Les morts ne ressuciteront pas. M.Fabius doit avoir le sommeil difficile.

La police a fait son travail habituel qui est de retrouver les auteurs après le carnage. Ce n’est pas une critique. Peut-être serait-il peut-être aussi temps d’arrêter de faire fondre les budgets de fonctionnement de la police au nom des 3% de déficit UE ?

Les gens qui perpètrent ces crimes aveugles ne craignent pas de mourir. Ils sont fanatisés et peut-être même drogués. Ils peuvent recommencer n’importe-où et n’importe quand.

Il paraît que la France est officiellement en guerre.

Pour reprendre une formule connue : « La France à le droit de se défendre ». Le premier devoir d’un État est effectivement de protéger sa population (toute sa population et pas simplement le 0,1 % des quartiers les plus huppés).

Il ne reste plus qu’à :

1 : aller demander aux israéliens comment ils font pratiquement dans la vie de tous les jours. On fait comment pratiquement (sans idéologie) pour se protéger quand chaque sac peut exploser à chaque instant ? La bataille d’Alger reste dans les mémoires. Elle a été gagnée par l’armée française mais à quel prix pour « obtenir à temps les informations pertinentes ».

2 : Embaucher des dizaines de milliers de policiers supplémentaires. Il y a du chômage à faire baisser avant les prochaines élections en faisant attention à qui on embauche. Les cellules dormantes, ça existe.

3 : Fermer les frontières et sortir de Schengen définitivement. Ce n’est pas un douanier serbe, italien ou polonais qui doit tenir la vie de citoyens français entre ses mains. Ça ne marche pas. C’est de l’idéologie meurtrière.

4 : Tirer les leçons des situations absurdes et parfois délirantes générées par le patriot-act aux États-Unis pour ne pas faire la même chose. Ne rien déléguer à des forces de sécurité privées.

5 : Faire une liste des pays qui financent le terrorisme d’une façon ou d’une autre. Si on est en guerre contre le terrorisme, on est aussi en guerre contre ces pétro-monarchies qui paient et arment les terroristes. Il faut être un peu cohérent et sérieux.

6 : Prendre ce douloureux prétexte pour remettre de l’ordre. En profiter pour régler dignement le problème du logement, des marchands de sommeil, des SDF. La police doit savoir qui habite pour pouvoir faire son travail de protection de la population. Refaire faire une carte d’identité style pass navigo pour chaque citoyen. On ne peut pas dire qu’on soit content d’écrire ça mais très honnêtement comment la police pourrait faire efficacement son travail dans les conditions actuelles. C’est demander à un pompier d’éteindre le feu sans canons à eau ou en supprimant deux échelles sur trois.

Ce ne sont pas que des mesures sécuritaires qui suffiront. Pour que chacun ait un logement, il faut que chacun soit solvable. Soit la police reçoit d’un clic de planche à billet QE BCE quelques milliards pour employer les personnes non solvables sur un carton comme indics de proximité. C’est la méthode Fouché ou celle de la police russe tsariste (très efficace). Soit on se décide enfin à réorganiser tout le système de fond en comble,, à faire le grand saut : revenu d’existence universel, supression de toutes les allocations, simplification fiscale drastique, passage à trois contrats de travail au lieu de 30. Créer un état de choses que tout le monde a intérêt à conserver crée une cohésion et une résilience globale. Le système actuel français est trop fondé sur l’iniquité, le passe-droit et la basse jalousie dont le grattage frénétique du ticket de jeu est un symptôme clinique. La France mériterait mieux.

La conclusion tient en un mot : cohésion. Il va falloir de vrais dirigeants, de vrais résultats, faire le ménage au fil des batailles gagnée ou perdues. Le peuple devra lui aussi y mettre du sien : plus d’exercices de défense civile, plus de simulations – savoir clairement quoi faire à quel moment -, plus d’apprentissage des gestes de premier secours, plus de temps passé à s’informer réellement et moins en ragots ou commérages stériles.

Il faudra peut-être enfin se réveiller de sa télé-réalité. Si le bruit des bombes n’y arrive pas, alors il est à craindre que le cas soit désespéré.

Mais avec la France, on ne sait jamais. Et on espère toujours le sursaut.

 

 

 

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