OTAN – Russie : dissuasion ou provocation ?

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Tandis que qu’un certain Jean-Pierre P . nous montre à la télévision qu’il fait mauvais en hiver et qu’il pleut en Bretagne, un président sur le départ dire sans rire qu’il ne faut pas rester inactif, le reste du monde bouge de façon tectonique. Même les actualités du temps de Vichy étaient moins insipides et déconnectées de la réalité. Le journal télévisé nous parle de plus en plus de la pluie et du beau temps. Qu’ils sachent au moins qu’on s’en apperçoit.

Oui mais il y a Trump ! Que l’aimable lecteur nous pardonne de ne pas sombrer dans la trumpomanie. Si sa victoire est incontestablement une victoire pour la démocratie comme le vote du Brexit au Royaume-Uni (la victoire des gens une méga-baffe pour une oligarchie qui la mérite), d’un point de vue géopolitique on le voit plutôt comme un facteur aggravant une dynamique déjà très préoccupante que nous avons décrite dans des articles précédents. L’avant-guerre fait place au moment où les deux parties fourbissent leurs armes.

On nous reproche toujours d’écrire des articles trop longs. On veut bien faire court, tailler dans le vif, viser les 5000 mots, mais alors nous n’aurons pas la place pour démontrer et étayer. Et cela nous sera reproché.

Cet article vise uniquement à montrer que ce président n’est pas plus pacifique que son prédécesseur ni que l’antépénultième. Tant que les Etats-Unis n’accepteront pas de rentrer à l’intérieur de leurs frontières ou au minimum de leur sphère d’influence nord-américaine, il y aura toujours une Carthage ou une Macédoine pour nuire aux intérêts romains. Le style change, la tendance de fond, impériale, reste. La capacité de destruction / destructuration des armes, elle, ne fait qu’augmenter.

Même si ce président n’est pas assassiné ou empoisonné, n’attrappe pas un cancer à la sud-américaine ou une crise cardiaque comme des ambassadeurs russes, l’establishment tant “républicain” que “démocrate” reste furieusement et mécaniquement russophobe, sinophobe et persophobe. Le complexe militaro-industriel reste plus puissant que jamais, la CIA reste, l’armée reste, les priorités de recherche restent. L’arbre ne doit faire oublier la forêt, la vague l’océan.

On ne croit pas 4 ou 8 ans de paix, bien au contraire. Le nouveau président élu par les habitants des Etats-Unis d’Amérique a promis de redonner aux forces armées ce qu’elles demandaient : la fin des restrictions budgétaires et surtout de l’amputation mécanique et aveugle des budgets (sequestration).

Le nouveau président soutient l’OTAN mais demande (ordonne ?) à ses membres de dépenser au moins 2 % de leur PIB pour la “défense collective” (encore plus d’impôts en perspective ou des coupes dans le social). Il faut donc s’attendre à une augmentation des dépenses militaires et à des carnets de commande bien remplis pour le complexe militaro-industriel). Il faut s’attendre à ce que l’OTAN comme les forces armées américaines se sentent plus surs d’eux-mêmes et plus prêts à en découdre avec un ennemi potentiel.

Depuis l’élection du nouveau président de la thalassocratie hégémonique, ne faiblissent ni ne s’infléchissent les plans pour muscler (beef-up) la présence de l’OTAN de la Roumanie à la Finlande (ligne de départ Barbarossa 1941) dans le but de « dissuader une “agression russe » (deter) La narrative ne change pas et tourne en boucle. Poutine = Hitler qu’il faut arrêter On arrête pas si facilement une telle machine militaro-médiatique une fois mise en branle.

Dissuasion qui se fait au moyen d’hélicoptères Appache et de chars Abram, soit tout sauf des armes défensives.

Dissuasion que Henry Kissinger lui même a fini par reconnaître comme dangereuse.

  1. – Suppose des acteurs raisonables, lucides, informés, exempt d’hubris, de paranoïa ou de mauvais décodage des actions de l’autre partie.
  2. – Met en place une boucle de rétroaction positive (type réaction en chaîne) qui tend à pousser chaque partie à augmenter sans cesse les contre-mesures (la mise dans la théorie de jeux) bien au-delà de ce qui serait strictement et évidemment nécessaire.
  3. – Augmente la tentation de l’attaque surprise ou préventive (ou les deux)
  4. – Devient d’autant plus dangereuse et imprévisible que le nombre de parties augmente.
  5. – Devient sans objet si un acteur est suicidaire, cynique ou machiavélique (ne se sent pas concerné par la préservation de sa population) (variante du point 1)

 

Faute d’espace tampon, l’OTAN et la Russie sont désormais à porté de canon et à la merci d’un dérappage, d’une erreur d’appréciation d’une partie ou de l’autre, d’un geste malheureux, de l’énervement d’un subalterne, d’un automatisme d’ordinateur ou naturellement d’une vrai-fausse / fausse-vraie attaque sous faux drapeau. Le fait que deux clans se battent aux Etats-Unis rajoute de l’entropie.

Obama avait pu prendre des libertés avec la constitution sans que tout le système lui tombe immédiatement dessus (la guerre de Libye par exemple). On attend le moindre faux-pas du nouveau président. Accusé de d’être « l’agent de Moscou », il ne peut pas apparaître faible avec la Russie. Il sait que ses adversaires n’attendent que ça.

A peine élu, le président des Etats-Unis annonce que la “Russie devra rendre la Crimée en échange de la levée des sanctions”. C’est contre-productif. La Crimée est une affaire jugée et classée en Russie et personne ne pourrait sérieusement imaginer revenir dessus. C’est un consensus national massif. Qu’un président nouvellement élu se ferme le spectre des possibles dès le début de son mandat ne montre pas une grande finesse ou alors des conseillers hallucinés de russophobie pavlovienne. On attendait de ce président qu’il désavoue le système du “regime change”, de la révolution de couleur, des ingérences perpétuelles dans les affaires des autres. On en est loin. Il a seulement admis que les Etats-Unis « n’étaient pas innocents » et qu’ils avaient fait des « erreurs ». A ce rythme, combien de siècles avant des relations simplement normales avec le reste du monde ?

S’il veut être « business like » et positif, on demande par exemple que la Russie fournisse du gaz à l’Ukraine gratuitement pendant 20 ans et qu’on ne parle plus de la Crimée. Affaire classée. Les Etats-Unis ont bien acheté la Louisianne et l’Alaska. Pour être franc beaucoup en ont déjà plus que marre de cette affaire ukrainienne. Un nouveau président est là pour débloquer un dossier. Pendant des dizaines d’années l’occident s’est pareillement accroché à la fiction Chine = île de formose. Et bien non et il fallait bien un jour que l’on sorte de cette fiction juridique totalement déconnectée de la réalité. Le général de Gaulle a pris l’initiative et deux ans après Nixon suivait, à la satisfaction de 99 % du reste du monde. La Crimée n’a jamais été ukrainienne sauf à la suite d’une lubie de Khroutchev et encore : Sebastopol n’en faisait pas partie. On va pas en faire un abcès de fixation. La CIA n’a pas si mal joué en 2014 puisqu’elle a pris 90 % de l’Ukraine. Les Russes considèrent qu’il n’ont pas violé le droit international. Il serait plus positif de le préciser pour l’avenir. La France a annexé Mayotte sans l’accord des Comores, le Kossovo est devenu indépendant en dépit des promesses faites à la Serbie (la France faisait naturellement, comme d’hab. partie des parties ayant fait cette promesse). Quand la France a donné en 1939 une partie de la Syrie à la Turquie, a-t-elle demandé leur accord aux syriens ? Jamais de la vie. La vérité est que le droit ne pourra jamais s’opposer bien longtemps aux inclinations du coeur et à la réalité sur le terrain, pour les individus comme pour les peuples. Qu’est-ce qu’on y peut ? Construire des prisons des peuples ? Depuis 1991, la Crimée tirait sur sa corde en direction de la Russie. A la première occasion elle s’est échappée. Point barre. Ce sera pareil avec l’UE. Le Brexit n’est qu’un début. Le mésamour est consommé. Direction poubelles de l’histoire et archives nationales avec les soubresauts historiques qui accompagnent en général, mais pas toujours, ce genre de divorces (par exemple le divorce tchéco-slovaque plutôt bien s’est passé).

 

Julien Assange nous a appris que la City Bank avait donné en 2007 à Obama une feuille avec la liste complète des personnes à nommer dans son gouvernement. On apprend ainsi qui est le réel souverain aux Etats-Unis, l’indépendance réelle du chef d’État, la naïveté incommensurable des masses. Le gouvernement Trump est-il entièrement le sien ? On sait que le cartel bancaire des Etats-Unis a toujours été partant pour prêter pour des guerres, parfois aux deux parties en même temps.

 

Le caractère « cow-boy » est-il adapté au monde dont il hérite, poudrière où tout geste malheureux risque de provoquer une déflagration suivie d’une réaction en chaine incontrôlable. ? A trop vouloir “gonfler les muscles” (flex muscles) et prouver que l’”Amérique est de retour” (America’s back), ne risque-t-il pas d’en faire trop (Russie, Chine, Iran) ?

 

2 : Trump : changement de style mais continuité du fond.

 

Quelques changement …

 

  1. Un soutien à Israël réaffirmé qui ne fait que continuer la politique traditionnelle des Etats-Unis depuis 1947. C’est Obama et sa tiédeur qui était l’exception. (Israël est une création américaine). Un changement qui n’en est donc pas un considéré sur la longue période. 
  2. Nigel Farage
    Nigel Farage au congrès du parti conservateur américain 2017

    Le renforcement prévisible de la “relation spéciale” USA-UK (le souverainiste Nigel Farage a su électriser les foules en Louisianne et au congrès du parti conservateur (ci contre). Il a puissamment contribué à l’élection de Donald Trump avec le groupe de pression des partisans de la détention d’armes à feu (second amendement = 300 millions d’armes à feu aux Etats-Unis.) et avec la galaxie des églises protestantes (Trump = trompette = apocalypse-signe du ciel pour faire très court). La relation spéciale Farage-Trump est excellente pour les intérêts et les façons de penser britanniques qui se feront entendre autant qu’il sera nécessaire. Farage personne à qui on demandera conseil et qui saura souffler à l’empereur les paroles qu’il faut au moment opportun. Churchill a très bien su faire ça en son temps avec Truman. Farage, un « populiste » qui a le vent en poupe.

  3. Un apaisement dans les relations avec les Philippines qui devenaient plus qu’excérables sous Obama (“Obama fils de pute”). Pour que des chefs d’Etat emploient un tel langage en public, il doit se passer beaucoup de choses derrière la façade. Ce n’est pas TF1 qui nous informera de çes choses. On a dit dans un précédent article que l’arrivée de l’OTAN en Afghanistan s’était accompagné d’une explosion de la culture du pavot. La drogue étant un moyen (parmi d’autres) d’abétissement et de destruction des peuples, quelles informations a bien pu avoir le président Duterte ? Certains pays prennent la protection de leur population et de la jeunesse très au sérieux.

  4. Un prudent rétropédalage en Syrie (tactique ou pas, l’avenir le dira), l’abandon de la “no fly zone” et la mise au grand jour du système de racket international de la fondation Clinton. La corruption mondiale à l’état avancé de gangrène pestilentielle.

 

… dans la continuité

 

L’attitude envers la Russie : Que veut-on de la Russie ? La Russie a débarassé la France de Napoléon et a empêché la démembrement de la France en 1815. de Hitler, sauvé les Etats-Unis d’une entrée en guerre de l’Angleterre pendant la guerre de sécession, dissuadé les impitoyables japonais en Manchourie. Sans la Russie l’Empire britannique britannique aurait avalé la Perse etc … Cette attitude hystériquement russophobe et historiquement amnésique ne correspond pas à la réalité des services rendus par ce pays européen à la France au cours des siècles, en plus d’acheter ses produits de luxe. Ce pays n’est pas « Poutine – Hitler ». Depuis le XIV ème siècle, il constitue un môle invariable de souveraineté contre lequel se sont fracassé les teutoniques, les suédois, les polonais, Napoléon, l’Angleterre, Hitler et aujourd’hui en direct l’Amérique, à sa très grande frustration. Si l’occident post-68ard n’aime pas ce pays (c’est son droit), peut-être pourraît-il au moins le craindre un peu ? Ce pays a plus de 7000 têtes nucléaires à supposer que l’arme atomique ne soit pas déjà dépassée (on le pense). Selon certaines sources, la Russie pourrait détruire un pays comme la France avec un missile (РС-28 Сармат – RS 28 Sarmat). Si on prenait simplement la Russie un peu au sérieux ? L’idée même d’une guerre avec la Russie et l’OTAN ne devrait même pas être pensable d’un côté comme de l’autre. La solution s’appelle le désarmement réciproque, les inspections mutuelles et la démilitarisation des points de friction potentiels, la neutralité de pays quand les deux parties les jugent également stratégiques. Or, on assiste à une collision au ralenti. Qu’en attend-on très sincèrement ? Qu’elle capitule ? La Russie n’a plus de “zone” tampon à céder : elle est le dos au mur. Que peut-elle faire d’autre que de préparer sa population (exercices de défense civile) et son armée (exercices militaires) à une confrontation jugée de plus en plus inévitable ?

 

L’OTAN : une machine à super-postes et à pépettes …

 

A part ces quelques points et un changement de style qui ne peut passer inapperçu, ni le renforcement de l’OTAN, ni le redéploiement de 60 % de la flotte américaine dans le Pacifique, ni l’implantation en Afrique, ni l’hostilité à l’Iran, ni l’Ukraine, ni l’utilisation de l’arme économique ou financière ne sont remis en question. C’est même le contraire qui serait étonnant : ce serait un président français qui ne continuerait pas la Françafrique ou Bouygues-Dassault-Areva. Si les sanctions contre la Russie doivent être levées quand celle-ci rendra la Crimée, autant dire jamais.

Une sénatrice américaine n’a t’elle pas publiquement dénoncé sans être corrigée l’invasion de la Corée par la Russie ?. Nous avons nous même pu constater de visu chez ces gens- cette ignorance abyssale des fondamentaux de la géographie. Qu’on se rassure, c’est la même chose chez les économistes dont certains ne savent pas leur table de multiplication.

Comme à la commission européenne, comme au parlement à l’exception de quelques uns, la chasse aux pépettes et aux super-postes sans grand contenu réel (quand ce ne sont pas des emplois fictifs naturellement) n’épargne naturellement pas l’OTAN. Ces structures qui s’empilent les unes sur les autres sans qu’on en supprime ne créent aucune richesse mais la pompent. A part des réunions, qu’a bien pu faire l’OTAN entre 1991 et 2001 ? A part pondre des rapports et traductions sur papier glacé, faire des réunions, des formations, jouer avec des trombones. Depuis 2001, la guerre d’Afghanistan a donné un peu de grain à moudre. Depuis 2014 et le coup en Ukraine, on respire enfin : l’OTAN sert à quelque-chose contre le nouvel Hitler Poutine qui a “annexé” la Crimée. Les super-postes et les super-retraites payées par une population en appauvrissement rapide sont sauvés. Merci la Russie ! “L’Europe c’est la paix et l’OTAN nous protège”

 

… à une protection dont on se passerait bien.

 

En échange de ces super-postes à pépettes payés avec une pression fiscale qui atteint le stade du suicide de désespoir des populations, l’OTAN est censé nous protéger. Examinons un peu la teneur réelle de cette «  protection ».

 

  1. En 1998, elle est employée contre le “dictateur” Milosevic (depuis le TPI, après avoir abrégé ses souffrances cardiaques a du se résoudre, le plus discrètement possible à le reconnaître innocent) . Pour forcer le dictateur à un « accord » prévoyant l’installation de bases de l’OTAN sur son territoire, 58574 sorties d’avions et 15 tonnes d’uranium apauvri ont abouti à la création d’un Kossovo indépendant (une base américaine avec quelque-chose de mafieux autour) qui est devenu en 15 ans un état narco-terroriste vivier pour Daesh (tiens la drogue et les américains encore !). Les prétextes invoqués pour le bombardement se sont avérés à la longue naturellement totalement faux (fake), la promesse de ne pas rendre le Kossovo indépendant a été trahie et les bébés à deux têtes disent merci. Merci l’OTAN pour cette « protection ».L’OTAN est ensuite intervenu après l’effondrement des deux tours de Manhattan le 11/09/2001 en plus d’une troisième qui est tombée toute seule par ricochet (attention l’anathème pour «  fake news » sur facebook ou decodex nous guette). Ce disons « événement  » a permis d’aller développer la culture du pavot dans la province de Kandahar et accessoirement d’essayer de prendre le contrôle du pivot géopolitique du monde. Avec le résultat que l’on connaît. Inutile de retourner le couteau dans la plaie. On préfère ne pas trop parler des assassinats ciblés par drones avec 99 « dommages collatéraux » par cible (mariage, jour de marché pour maximiser la haine et le choc en retour prévisible).
  2. Or, si l’armée américaine s’est fait la main sur les amérindiens en les confondant avec des bisons, L’armée française provient de la chevalerie et des soldats de l’an II (le « donne lui quand même à boire » de Victor Hugo. Avec toutes ses casseroles, avec tous les bémols de rigueur que nous connaissons, elle a respecté peu ou prou les règles de base qui distinguent une armée d’un groupe d’assassins armés : on n’achève pas un ennemi blessé et désarmé, on soigne les blessés ennemis, on ne fait pas marcher les civils an rang serré pour nettoyer des champs de mines, on respecte les non combattants et les infrastructures civiles (eau, électricité, bâtiment à usage civil), on ne viole pas, on se contente de sa solde sans piller etc … L’ennui avec l’OTAN est que cette armée est désormais sous commandement américain qui n’a pas les mêmes traditions et ne fait manifestement pas grande distinction entre militaires et civils. En plus d’être devenue absurde stratégiquement, calamiteuse en terme d’image, le soldat français est mis sous les ordres d’une structure qui parle de liberté et de démocratie en bombardant au phosphore, napalm ou uranium des populations civiles entières. L’armée américaine, c’est le crime de guerre devenu norme. Césaire l’avait bien compris en parlant de « barbarie européenne surpassée par une seule, bien plus haute, l’américaine ».
  3. L’OTAN a réitéré sa « mission » de « protection » en Libye en 2011 en attaquant un pays qui n’avait pas attaqué un centimètre carré d’un autre pays. Depuis on sait à peu près tout de cette opération de renversement, assassinat d’un président et braquage d’un pays organisé par importation d’éléments d’Al Quaïda payés en liasse de dollars. Les révélations des e-mails de Hilary Clinton (Hilarygate 2016) ont confirmé le caractère totalement faussaires des arguments invoqués devant l’ONU (autre place à super-postes pépettes). Depuis a sauté le pays le plus développé de l’Afrique qui empéchait les réfugiés provenant des non-états d’Afrique orientale de traverser la Méditerranée en son endroit le plus étroit pour demander « l’asile politique » à l’UE. Il ne fait aucun doute que la sécurité des européens en a été accrue. L’Europe a régressé de 200 ans et ce qui concerne la sécurité de la rive sud de la Méditerranée au niveau de la piraterie barbaresques qui infestait le sud de la mer Méditerranée du XVII au XIX siècles. Libye = Somalie 2 ? Bravo l’OTAN.Le triste est qu’il faut bien reconnaître que non seulement le peuple français a effectivement voté pour Sarkozy, qu’il n’a pas su comprendre les implications de ce vote en terme de vassalisation et qu’il n’a pas plus compris les enjeux du vote de 2012. On était habitué depuis longtemps au « moi je … », au « normalement ça devrait … », au « conformément à la loi ça ne va pas être possible », au «  oui mais gna gna gna  » mais on entend de plus en plus depuis 2007 un « je n’ai pas la main » impuissant et inquiétant. Seul un peuple qui a intégré et accepté son asservissement peut prononcer des mots pareils. Il ne manque plus qu’un fringuant et photogénique pion de Goldman Sachs comme président pour « finir le job  » . On sait quel était le rôle prévu par les nazis pour la France dans la grande Europe : un état rural et agricole. Quel peut être le rôle réservé à la France par l’Empire ? Un parc d’attraction Eurodisney avec des saucisses bien calibrées, une variable d’ajustement pour la FED (ils ont bien fait acheter par la Belgique son propre PIB en bons du trésor américain), un pays « proxy » à qui on confiera les taches (et les attentats de représailles) à haut risque dans le monde arabo-musulman ou en Afrique ?
  4. Le précédent de la collaboration a montré ce qu’il en coûte de se laisser asservir. Avec une « indemnité d’occupation », un mark arbitrairement surévalué avec lequel on pouvait directement ou indirectement tout acheter, des moyens de pression économiques en cas de mauvaise volonté, des media aux ordres et un chef de gouvernement qui vous devait tout, la substance économique puis la force de travail ont pu passer en 4 ans de France en Allemagne quasiment sans violence (l’ordre de grandeur d’un mandat présidentiel actuel). Si l’expérience s’était prolongée qui peut doûter que de plus en plus de soldats se seraient retrouvés à se battre sous le commandement allemand et à exécuter les ordres traduits. Cette « expérience » n’a duré « que » 4 ans et les français ont survécu en ne perdant « que » 15 kg. On avance que ce que l’Amérique est en train de faire est du même type que l’occupation économique allemande. Il manque le Pierre Laval et la légion des volontaires français. Les moyens de pression pour faire obéir les récalcitrants s’appellent « augmentation des taux d’intérêt de la dette », « embrasement communautaire », « attentats terroristes », « fermeture de marchés d’exportation par sanctions ou embargos », « retour des bases de l’OTAN » Quant aux collabos, il y en a déjà plus qu’assez sans compter les futurs corbeaux d’un peuple qui aime à se vautrer avec délices dans la fange de la calomnie et de la délation.

 

3 : Vers un prochain coup tordu de l’OTAN en Europe de l’Est ? Peut-on arrêter l’engrenage ?

Quand le journal télévisé commence à ne parler que de lieux communs ou de faits divers, c’est un signe : « il pleut tandis que tel fait divers sans aucune importance nationale se passe ici ou là ». Un classique de la propagande par le vide.. Dormez, tout va très bien.

Or tout ne va pas bien loin de là. Non seulement l’OTAN transfère un armement offensif colossal aux frontières de la Russie, mais encore les provocations ne se cachent même plus. C’est à se demander si l’on ne veut pas pousser la Russie à attaquer.

Quelque faits

 

  1. Reprise des bombardements et de la guerre sur le front des républiques sécessionistes du Donbass. Même l’OSCE a du mal à ne pas entendre les bombardements de maisons, stations d’épuration, centrales électriques, si possible en pleine nuit et plusieurs fois pour casser psychiquement la population. Le crime de guerre au quotidien. Et les accords de Minsk II dont notre ministre des affaires étrangères est co-garant ? Si on n’honore pas une signature, ce sont toutes les signatures futures qui perdent en crédit jusqu’à ce qu’on se dise : « promesse de français promesse de rien ».
  2. Décès de 4 ambassadeurs russes depuis l’élection de Donald Trump dont l’ambassadeur à l’ONU d’une crise cardiaque. Bah ! Personne n’est à l’abri d’une crise cardiaque.
  3. Accident le 25 décembre d’un avion révisé disposant de 3 moteurs au départ de la ville de Socchi en direction de la Syrie. De hauts gradés militaires, des journalistes, une humanitaire, les choeurs de l’Armée Rouge ont fait « plouf ». La présence d’un navire français de lutte électronique arrivé la veille pour faire des exercices avec la marine ukrainienne est une « coincidence ». Décidément une mauvaise série pour la Russie !
  4.   Manoeuvres mOperation Atlantic Resolve 2017ilitaires massives et fréquentes de l’OTAN aux portes de la Russie telles que décrites dans le tableau ci-dessous (liste non exaustive) : de l’arctique à la Géorgie dans le Caucase en passant par Ukraine, Pologne, pays baltes (Ligne Barbarossa). Ca n’arrête pas.

    Nom

    Date (2016)

    Pays

    Scénario

    Rapid Trident

    28 juin – 8 juillet

    Ukraine

    Noble Partner

    11 mai – 26 mai

    Géorgie

    Affronter Russie

    Trident Joust

    12 avril – 22 avril

    Pologne

    Invasion russe

    Joint Warrior

    12 avril – 24 avril

    Mer du Nord

    Baltique

    Guerre navale réaliste

    Anakonda

    7 juin – 17 juin

    Pologne

    31000 hommes

    Flaming Sword

    1er mai – 20 mai

    Lituanie

    Attaque Russie

    Baltops

    3 juin – 26 juin

    Baltique

    Exercices navals

    Polar Roar

    1 août

    Canada Arctique

    B52 stratégiques

    Atlantic Resolve

    2016, 17, 18 …

    Permanence avec une rotation entre régiments. http://www.eur.army.mil/AtlanticResolve/

    Tapa (EE), Adazi (LV) Rukla (LIT) Orzysz (PL) Novo Selo (ROU)

    Présence permanente + exercices pour « freedom Europe » Manoeuvres militaires. Prise de photos avec les enfants, drapeaux, déclarations, communiqués etc . . .

  5.  Réponse prévisible et prévue de la Russie qui fait manœuvres militaires et de défense civiles. Manoeuvres militaires russes (1)Puis déploiement dans la région de Kaliningrad des missiles Iskander à portée intermédiaire, nucléaires mais pas seulement (thermobariques, electromagnétiques ou autres), Tout le territoire polonais (sauf l’extrème sud) ainsi que Berlin sont désormais sous la menace de ces missiles hypersoniques virtuellement impossibles à intercepter avec la technologie actuelle connue. S’il faut doubler la portée à 1000 km, ce n’est pas trop difficile (Iskander K) . Contrairement aux missiles balistiques dont on peut calculer la trajectoire pour tenter de les intercepter, la vitesse de ce missile de croisière (mach 6-7 – 5600 km/h et sa précision (2 mètres) détruisent virtuellement toute probabilité d’interception : Varsovie en deux minutes, Cracovie en 4 et Berlin en 5. Ou l’ensemble du quartier général ennemi ou un corps d’armée en marche, ou naturellement une base de lancement de missiles. Tout ceci couplé avec le système de  navigation GPS russe GLONAS. Un second missile peut être tiré moins d’une minute après. Comme la Russie avait prévenu il y a des années qu’elle le ferait en cas de menace contre sa sécurité, on peut en inférer que la Russie sent que sa sécurité est effectivement menacée, à tort ou à raison, paranoïa ou pas là n’est pas la question. Ainsi « protégée », la Pologne se retrouve moins en sécurité qu’avant. C’est déplorable car de même que l’Allemagne a fini par reconnaître l’intangibilité de la frontière occidentale de la Pologne, la Russie a abandonné toute prétention sur la Pologne et reconnu la frontière Est, la « ligne Curzon ». Au contraire, une russophobie est savament et consciencieusement attisée. Les États-Unis ont trouvé leur infanterie et le pays qui permet (avec succès pour l’instant) de couper l’Allemagne de la Russie, objectif séculaire et constant des Etats-Unis. Le prix à payer ne sera « que » d’être un champ de bataille de 3 ème guerre mondiale et qu’à la fin il ne restera de la Pologne que l’équivalent de la Prusse : de vagues ruines ici et là. Le mot « pusta » (vide), « pustynia » (désert) finira par mettre tout le monde d’accord. Est-ce réellement l’intérêt bien compris de la Pologne ? Certains polonais en sont très conscients mais restent la minorité. Les victoires à la Pyrrhus et le retour de l’abîme sont de beaux sujets pour les chansons de gestes et les tragédiens. Et si on faisait en sorte que ça reste de la littérature ?
  6. La Russie a en effet fait savoir qu’elle ne tolèrerait plus qu’une guerre se déroule sur son sol (traumatisme de 1941-45). Elle a dit aussi que des lignes rouges concernant sa sécurité et ses intérêts vitaux avaient été franchies. Elle à 7000 têtes nucléaires et d’autres armes tout aussi léthales. Son économie ne lui permet pas d’envisager une guerre conventionnelle d’usure ni même une course aux armements. Son budget militaire bien que le troisième du monde est modeste (2490 milliards de roubles – 3,4 % des dépenses mondiales) par rapport à la surface à défendre et surtout représente déjà 5 % du PIB russe. Ses adversaires, eux, sont bien en dessous avec des économies plus puissantes. L’arrivée du nouveau président aux USA signifie plus de dépenses militaires encore et l’obligation pour les pays de l’OTAN de dépenser plus . L’OTAN a prouvé 3 fois n’avoir servi qu’à des guerres faussaires n’ayant rien à voir avec la défense. Le ministre de la défense russe a qualifié l’OTAN « d’organisation satanique ». Cela rappelle en miroir « l’URSS empire du mal  » de Reagan. On n’a plus aucune confiance dans l’OTAN à Moscou. Les rampes de lancement « contre la menace iranienne » et le coup de Kiev n’ont rien fait pour accroître la confiance.
  7. Une guerre préventive russe n’est plus inimaginable : frapper le premier, vite, fort , en profondeur pour négocier ensuite en position de force (type guerre des 6 jours israélienne). Si la Russie prennait cette décision de toute dernière extrémité (on est pas fou à Moscou), ce serait fait dans le style russe et ce ne serait pas Gamelin et son incursion de 3 jours dans la Sarre avec des vélos en clamant « nous gagneront parce nous sommes les plus forts » (Gamelin, comme Bazaine, sont des phénomènes historiques avérés et documentés, pas de la fiction).
  8. Depuis 1996, et pour reprendre une formule à la mode, le continent s’est enfermé dans une structure, l’OTAN, qui est le problème au lieu d’être la solution. Il faudrait en sortir vite.

 

Quelques pistes à 50 jours d’une élection

 

Le système de la communication entre pays par manœuvres militaires a été testé avant 1914. Cela n’a aboutit qu’à accroître le sentiment d’insécurité, augmenter les dépenses militaires et aboutir à un conflit sanglant, demi-suicide de l’Europe. Ca ne marche pas.

On peut faire des exercices mais pas aux frontières de son ennemi potentiel déclaré : que l’OTAN les fasse au Canada dans des terrains similaires boisé et lacustres comparables à ceux du nord de la Pologne et des pays baltes, il faut bien qu’une armée s’entraine. Que les russes les fassent en Yakoutie ou chez les bouriates pour ne plus faire peur aux polono-baltes.

Que l’OTAN cesse ses incursions en mer Noire et en Baltique avec des navires de lutte électronique ou capable de lancer des missiles de croisière. Et que les russes cessent d’envoyer un navire espion au large de New-York. La désescalade devient urgente.

Actuellement, on apprend massivement le chinois en Russie. On anticipe le grand déplacement du centre économique du monde quelque-part entre Hong-Kong – Singapour et Shanghaï. On n’est plus au temps de Pierre le Grand ou de la grande Catherine. On est pas plus au temps de Lénine ou de Staline et de l’exportation de la révolution bolchévique par les armes. Le Russie est une nouvelle Russie tandis que l’OTAN reste un vieil organisme mentalement dépassé et sclérosé dans ses archétypes de guerre froide. Le problème est l’OTAN. Certes la Russie hérite comme tout empire colonial disloqué de problèmes résiduels à résoudre. C’est normal et gérable. Il y a d’autres solutions que la valise ou le cercueil pour les russes qui se retrouvent dans des pays différents. Il existe une boite à outils conséquente pour résoudre pacifiquement et sans idéologie les scories d’un empire défunt (autonomie linguistique, visas frontaliers, reconnaissance des diplômes etc …). La STRATFOR considère qu’en 2017 « Poutine » va utiliser les minorités russes des pays baltes pour les destabiliser : traduisons : la CIA va créer, comme en Ukraine avant 2014, des rixes dans les pays baltes pour que « Poutine » intervienne dans les affaires intérieures de ces pays, justifiant le développement massif des capacités militaires de ces derniers mois. « On vous l’avait bien dit ! ». Kossovo, 11 septembre, Irak (armes de destruction massive), Libye, Syrie, Ukraine : tout se révèle à chaque fois faux à postériori (fake). Les fake news ne sont pas où l’on croit et l’OTAN n’est pas une organisation défensive.

« Oui mais qu’est-ce que je peux faire ? On entend déjà et anticipe l’objection.

  1. Si en France on a pu faire défiler des millions de personnes pour le « mariage pour tous » ou pour « Je suis Charlie », c’est qu’on serait aussi capable de le faire pour la paix. On ne croit pas beaucoup aux manifestations mais pour ceux qui y croient, c’est un moyen pour forcer un peu les media et candidats tels qu’ils sont aujourd’hui à prendre un peu au sérieux cette question de l’OTAN.
  2. Le partage sur les réseaux sociaux sachant que Facebook a rajouté « fake news » dans sa panoplie de blocage.
  3. Ou beaucoup plus simplement un bulletin de vote bien placé pour un candidat qui aurait sans ambiguité promis la sortie rapide de l’OTAN.
  4. Profiter de la dynamique Trump. Que la classe politique actuelle ne puisse pas supporter Trump n’a que peu d’importance. Qui les supporte encore, eux. L’atout Trump est qu’il perçu comme une personne susceptible de tenir un engagement. Ce qui exaspère les russes est la duplicité de l’OTAN et des classes dirigeantes occidentaux (mauvaise foi, hypocrisie, deux poids deux mesures). On a donné trois exemples mais le coup d’état en Ukraine est un exemple de plus. On comprend bien qu’une neutralité ne peut pas être remise en question d’un coup de révolution téléguidée par la CIA. Ce que fait l’Ouest maintenant, c’est ce que Staline a fait dans les pays baltes et après 1945 dans les pays d’Europe Centrale : le coup de Prague permanent. Curieux renversement historique. Trump peut imposer au congrès américain l’engagement écrit et ratifié que les rampes de lancement de missiles ne seront jamais utilisées contre la Russie en échange du retrait des missiles Iskander de Kaliningrad. Est-ce un prix si cher à payer pour simplement continuer à exister de part et d’autre ?

 

Conclusion

 

Depuis 2007 les français, votent pour des gens qui les trahissent et les asservissent avant de les envoyer à la boucherie. Il est peut-être temps de redresser la barre in extremis (on pèse ce mot).

On espère être lu et partagé. Un peu d’humour : « Je clique » sur « j’aime » et « je partage ». « Je fais un don » même symbolique de 900 000 euros à l’auteur de ces lignes.

Merci de tout coeur

 

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